Changements

Une nouvelle élite dirigeante prend les commandes, plus jeune, souvent formée dans les meilleures écoles de management

Les changements que connaît le capitalisme marocain sont en train de s’accélérer.
A l’aube de l’Indépendance, quand on était aux affaires, on était surtout négociant. C’est d’ailleurs une partie des négociants des années cinquante qui s’est lancée par la suite dans l’industrie. Dans les années soixante et soixante-dix, la marocanisation, ainsi que les politiques de substitution aux importations, puis de promotion des exportations, avaient aidé au renforcement du capital local.
Les décennies quatre-vingt et quatre-vingt-dix ont apporté une concurrence de plus en plus vive, à la faveur de la libéralisation économique, de la déprotection et des prémices de la mondialisation.
En quelques années, tout a changé. Les dernières rentes disparaissent ; les entreprises non compétitives savent qu’elles n’ont aucun avenir. Les chefs d’entreprises de l’ancienne génération sont en train de passer la main au profit d’une nouvelle élite dirigeante, plus jeune, souvent formée dans les meilleures écoles de management et maîtrisant plusieurs langues.
Le mariage Wafa-BCM s’inscrit parfaitement dans ce cadre : renouvellement des générations de dirigeants, regroupements d’entreprises pour résister à la montée de la concurrence nationale et internationale… Mais il ne signifie pas la fin de l’entreprise familiale dont on a pu, dans les économies les plus dynamiques, mesurer la présence et l’apport. L’avenir appartient aux entreprises, familiales ou pas, qui savent s’adapter aux nouveaux défis, qui savent se moderniser et se développer, qui prennent l’initiative, qui créent des richesses tout en améliorant leur compétitivité.
L’ouverture des frontières est à la fois une contrainte et un défi. Elle est certes indispensable mais il est tout aussi indispensable qu’émergent, dans chaque secteur, des groupes nationaux solides, solidaires entre eux, capables de résister à cette concurrence. La stabilité économique du Maroc passe par là.
Le capitaliste d’antan avait pour principale richesse une autorisation administrative, un agrément ou une licence d’importation. Celui d’aujourd’hui devra compter sur son savoir-faire, sa capacité d’innovation, la compétitivité de son organisation et la rigueur de sa gestion