Ces députés-là  !

Il est temps d’inclure dans le règlement intérieur de la Chambre
des représentants une obligation minimale de rendement.

Vous cherchez l’opposition ? Demandez le PJD ! Voilà, en une phrase, ce que la majorité des ministres et députés nous ont confié. Nous les avions contactés sur la base d’une simple intuition. Notre intuition était en-deçà de la réalité.
En comparant le travail colossal effectué par les députés du PJD aux tentatives mollassonnes du reste de ce qu’il convient d’appeler opposition parlementaire, une question vient naturellement à l’esprit : et si le PJD, qui n’en est qu’à sa second législature, n’était pas représenté au Parlement, que serait l’opposition ? Réponse : l’opposition ne serait pas. C’est malheureux à dire, mais les faits sont là.
Le rôle d’une opposition est crucial, pas seulement pour le respect du jeu démocratique, mais surtout pour faire entendre la voix d’une partie de la nation, qui a autre chose à proposer et qui peut émettre, bien plus que la majorité, un avis critique sur le travail du gouvernement. L’opposition est un garde-fou, à la fois contre les excès d’une équipe et contre les travers d’un programme.
L’opposition au sein du Parlement est constituée d’un parti islamiste qui tient à faire entendre sa voix, d’une gauche radicale qui manque de voix et d’une droite libérale qui n’a rien à dire. Cette opposition correspond-t-elle à l’image qui doit être la sienne?
Non, d’une part parce qu’elle ne forme pas un bloc qui pourrait avoir suffisamment de poids pour changer le cours des choses, et, d’autre part, parce qu’une partie de cette opposition fait de la figuration, quand elle veut bien venir au Parlement, à 36 000 DH par mois et par député. Quel gâchis pour l’Etat et le contribuable !
Le règlement intérieur de la Chambre des représentants devrait être voté au cours de la session parlementaire d’avril. Il est encore temps d’y inclure une obligation minimale de rendement pour les élus, car il y a manifestement dol envers celles ou ceux qui les ont désignés.
La proposition peut paraître naïve, mais à ceux qui pensent que c’est le cas, on pourrait poser une simple question : des députés sont-ils en droit de demander des comptes aux gestionnaires des établissements publics, alors qu’ils ne rendent aucun compte sur leur propre travail ?
Invoquer la sanction électorale, dans ce cas, est un argument fallacieux car, en cinq ans de législature, ces députés auront perçu plus de 2 millions de DH chacun à ne rien faire.
C’est pourquoi il vaut mieux agir, même naïvement. Car en agissant, on se trompe parfois ; en ne faisant rien, on se trompe toujours.