Bilan d’étape

En octobre dernier, Khalid Safir prenait ses fonctions en tant que wali du Grand Casablanca.Trois mois plus tard, les grands problèmes de Casablanca sont toujours d’actualité.

En octobre dernier, Khalid Safir prenait ses fonctions en tant que wali du Grand Casablanca. Cette nomination d’un homme de terrain, pour avoir été gouverneur, doublé d’un homme de dossiers et technocrate rompu aux rouages de la gestion publique, beaucoup la voyaient comme étant une chance inespérée pour sauver la métropole. Les espoirs étaient d’autant plus fondés que le nouveau wali semblait arriver avec une sorte de «carte blanche» et une feuille de route déjà tracée puisque quelques jours avant sa nomination, le Souverain avait tout dit sur les maux et les solutions dans son discours en ouverture du Parlement. Bien entendu, il fallait au moins laisser au nouveau wali un petit délai pour qu’il fasse son immersion. En novembre, il est lui-même sorti de sa période de méditation pour annoncer ce qu’il projetait de faire. La démarche semblait séduisante avec un mélange bien dosé de concertation, de fermeté et de lucidité dans la vision.

Trois mois plus tard, cependant, les grands problèmes de Casablanca sont toujours d’actualité. Pour certains, il fallait s’y attendre car même un wali, avec toute la bonne volonté et la fermeté dont il peut faire preuve, ne peut pas à lui seul et en trois mois tout résoudre. Certes, aujourd’hui, les problèmes de Casablanca, comme la circulation, le transport en commun, l’urbanisation sauvage et incontrôlée, nécessitent des travaux titanesques et des budgets énormes. Certains chantiers sont lancés mais ils s’étaleront forcément sur plusieurs années. Mais le mal-vivre des Casablancais peut être atténué par de premières actions dont certaines coûteront zéro dirham aux caisses de la ville. Elles peuvent même rapporter des fonds. Replanter, réhabiliter et entretenir les espaces verts, par exemple, n’est pas si coûteux.

Demander à chaque entrepreneur qui travaille sur un chantier de placer, comme cela se fait dans les pays développés et même chez nous, des palissades de sécurité utilisées en même temps comme mobilier urbain pour égayer la ville ou de couvrir l’édifice de filets de sécurité pour éviter les poussières, les gravats et les saletés sont autant de mesures qui ne demandent pas un sou mais seulement de la fermeté et un contrôle continu. Imposer aux gestionnaires délégués privés d’assurer correctement la propreté de la ville, remplacer les lampadaires qui ne fonctionnent pas ou de mettre les couvercles qui manquent aux bouches d’égouts relève des prérogatives des gestionnaires de la ville et ne lui coûtent rien du tout.

Casablanca peut devenir rapidement un peu plus gaie et plus vivable aussi si l’on exigeait des syndics et des propriétaires d’immeubles de renouveler la peinture des façades ou des commerçants et entreprises de refaire correctement leurs enseignes, de ne pas occuper la voie publique et les trottoirs…
Changer ces petits détails qui rendent la ville lugubre et déprimante ne demande ni fonds colossaux, ni études de faisabilité interminables, ni chantiers titanesques mais juste du bon sens, de la présence sur le terrain et de la fermeté. Est-ce trop demander ?