Bilan de… compétences

Côté jardin, une équipe gouvernementale qui n’a pas à  rougir de ses réalisations. Côté cour, une majorité politique affaiblie qui cherche dans le bilan de mi-mandat de l’exécutif un ravalement de façade.

«Le Premier ministre n’est pas obligé de présenter un bilan de son équipe à mi-mandat. Rien ne l’y oblige constitutionnellement. C’est une tradition instaurée par le gouvernement d’alternance, pas une obligation». Cette déclaration a été faite à La Vie éco par un proche de Abbas El Fassi, il y a de cela un mois. Lundi 26 avril, le ministère de la communication annonçait que Abbas El Fassi se présenterait devant le Parlement pour une déclaration à propos de ce fameux bilan de mi-mandat, d’ici environ deux semaines. Ce même lundi, le Premier ministre réunissait les composantes de la majorité pour une discussion franche, et avec un slogan plutôt décalé par rapport aux contenus du débat pendant lequel les critiques n’ont pas manqué :  «Ensemble pour le renforcement du processus de réforme».  

Entre les trois informations énumérées ci-dessus, un fil conducteur : la sortie, aujourd’hui programmée, du Premier ministre est plus une réaction face aux enchaînements des événements qui se sont succédé ces dernières semaines -et notamment les critiques du PAM-, qu’un acte mûrement réfléchi, tendant à mettre en exergue les réalisations du gouvernement.

Il y a manifestement un malaise qui s’installe. Côté jardin, voilà une équipe gouvernementale en place qui n’a pas de quoi rougir en matière de réalisations. Bons fondamentaux macro-économiques, gestion intelligente des impacts de la crise économique, nouveaux plans sectoriels et relance de secteurs économiques, baisses successives d’impôts, avancées sociales… Le bilan global est bon. Côté cour, se trouve une majorité que ne réunit plus que la collaboration ministérielle. Tel parti a pris du poids et anticipe l’avenir en allant chercher des alliances hors majorité. Tel autre, mal à l’aise depuis trois ans, souffle le chaud et le froid pour rester dans la course. Tel autre encore, béquille d’appoint, ne soutient pas plus qu’il ne s’oppose. Jamais la majorité n’a été aussi faible, décriée même par les siens, à tel point que cela pourrait rejaillir sur le gouvernement.

Chercher alors à lever le malaise politique en présentant les réalisations de l’exécutif ferait l’effet d’une cautère sur une jambe de bois. Une majorité c’est un travail de fond et de tous les jours, c’est tenir des réunions régulières entre responsables politiques et pas des rencontres imposées par la conjoncture. Parce qu’à ce rythme-là, en 2012, ce n’est pas un bilan de la majorité que l’on dressera, ni peut-être même pas un bilan du gouvernement, mais simplement…un bilan de compétences.