Bien plus qu’un programme

Avec ses 5,3 millions d’HA exploitables grà¢ce au plan Maroc Vert, le royaume s’assure à  la fois sécurité alimentaire, lutte contre la précarité dans le monde rural et positionnement sur les marchés mondiaux.

Le Plan Maroc Vert, dont les déclinaisons régionales ont fait l’objet, il y a quelques jours, d’un partenariat Etat-acteurs locaux, est loin d’être un simple contrat-programme dédié à l’agriculture et ayant pour ambition (objectif non moins noble) de produire plus de richesse. Ce plan procède en fait d’une approche multidimensionnelle qui devrait à la fois apporter des solutions et ouvrir des opportunités.
D’abord par l’étendue de son application. C’est la première fois que le concept de régionalisation dont on parle tant trouve une application concrète dans le domaine de l’économie. En ce sens, non seulement chaque région développera des cultures adaptées à son climat et ses contraintes hydriques, mais le souci a été également poussé dans la recherche d’un potentiel là où l’on pensait l’agriculture impossible.
Ensuite par la portée de ses programmes. Le raisonnement simpliste qui voulait que l’on abandonne, par exemple, la culture des céréales, pour cause de faible rentabilité et de territoires trop morcelés pour se plier à la mécanisation a laissé place à une agriculture à deux étages. Celle qui stabiliserait une population rurale et lui assurerait des révenus plus conséquents, grâce à l’agrégation des efforts tout au long de la chaîne de valeur et à l’assistance d’organismes totalement dévoués à cette mission. L’autre qui permettrait d’intensifier le process industrie, développer la consommation locale et les marchés à l’export, créer un véritable savoir-faire local. Le Maroc a une longue tradition agricole. Il était impensable de lui tourner le dos tout comme il est absurde de penser que le Maroc urbain pourrait absorber le flux d’exode rural, même en atteignant des taux de croissance très élevés.
Par sa vision enfin. Sonné par la dérive financière, le monde semble redécouvrir la menace de l’insécurité alimentaire, à tel point que les matières premières agricoles sont devenues les nouveaux enjeux de la spéculation ; à tel point encore que des pays comme la Chine, la Corée du Sud, les Emirats Arabes Unis, le Japon et l’Arabie Saoudite achètent à tour de bras des terres agricoles hors de leur territoire. A eux seuls, ces cinq pays en possèdent aujourd’hui 7,6 millions d’hectares. Avec ses 5,3 millions exploitables grâce à son Plan Maroc Vert couplé à une stratégie de projets intégrés dans le domaine de l’eau, le Royaume s’assure à la fois sécurité dans le domaine alimentaire, lutte contre la précarité dans le monde rural et positionnement sur les marchés mondiaux.