Au-delà  des débats…

Les réseaux se sont déchaînés et continuent encore autour des affaires ou des faits divers qui ont défrayé la chronique ces derniers jours.

L’opinion publique s’est passionnée, la classe politique s’en est mêlée et des pans entiers de la société civile et des militants se sont emparé de ces affaires et en ont même fait un combat d’honneur voire de survie.

Au-delà du débat que peut susciter le contenu de ces dernières affaires et qui tourne essentiellement autour des thématiques, certes importantes, de la tolérance, des libertés individuelles et de l’état des droits au Maroc, les derniers épisodes ou incidents, depuis le passage remarqué de J.Lo au Mawazine jusqu’à celui des jeunes femmes d’Inezgane en passant par le lynchage de Fès, ont démontré, à ceux qui en doutent encore, qu’au Maroc il y a des forces vives qui permettent de garder un niveau de vigilance dans un sens comme dans l’autre. Et c’est tant mieux pour les équilibres de la société. Voilà qui est rassurant. Mais avec du recul et maintenant que les esprits commencent à  se calmer certaines questions se posent d’elles-mêmes.

Finalement, n’en a-t-on pas fait un peu trop pour des incidents qui pouvaient rester au stade de simples faits divers ? Comment et pourquoi de simples altercations de rue se sont-elles transformées en affaires nationales de l’heure ? Et surtout, au détriment de qui ou de quoi ce grand détournement s’est-il fait ? Car au moment où les médias et les réseaux s’enflammaient et emportaient avec eux l’opinion, on se demande ce que deviennent les autres sujets importants et peut-être même plus sérieux qu’une affaire de jupe et de robe ? Le patron de la banque centrale a dressé il y a quelques jours un tableau pas très réconfortant de la situation de notre économie. L’information ne semble pas emballer grand monde ni susciter débat.

Après les derniers incidents de Tunisie, le tourisme au Maroc est en train de partir en pièces. Qui s’en est vraiment inquiété ? Qui s’est inquiété de la nouvelle hausse du taux de chômage ? Qui s’est posé la question de savoir si le Maroc trouvera des emplois pour les 600000 nouveaux jeunes actifs qui vont arriver sur le marché du travail cet été ? Que vont devenir les 200 000 bacheliers de cette année? Combien d’entre eux trouveront des places dans le supérieur et combien seront éjectés? Qu’est-ce que le gouvernement a préparé pour la prochaine rentrée universitaire et scolaire ? A propos d’école, il est tout aussi intéressant de remarquer comment un sujet aussi vital et crucial que la réforme de l’éducation, dont dépendra le sort du pays dans 30 ou 40 ans, a eu droit à un traitement pour sujets de 2e catégorie au moment où le peuple semble s’être mobilisé et passionné pour de presque faits divers…