Alliances sacrées

Quand une entreprise, aussi forte et aussi puissante soit-elle, rompt ses alliances avec son environnement, son marché, elle peut s’attendre au pire…

Car la réussite d’une entreprise, de ses produits, au-delà de ses process internes, dépend aussi et dans une large mesure de son degré de connectivité avec son marché. Et le marché au sens large, c’est-à-dire pas seulement les clients et consommateurs finaux des produits ou prestations mais bien tous les acteurs de l’environnement. Parmi eux les fournisseurs et prestataires, les bailleurs de fonds, dont les banques, les actionnaires et tout type de partenaires avec qui l’entreprise tisse les relations qui contribuent directement ou indirectement à sa réussite et sa prospérité.

Quand une entreprise, pour une raison ou une autre, se retrouve en déphasage par rapport à un ou plusieurs de ses partenaires, elle affaiblit ses appuis et se met donc en danger. A commencer par le client qui est la finalité de toute entreprise. La profitabilité d’un business n’est pas fonction seulement des marges et des process internes de maîtrise des coûts mais surtout de la clientèle adressée. Et quand un chef d’entreprise oublie de faire de la veille, n’anticipe pas les tendances, les nouvelles exigences par manque d’écoute ou par suffisance, son produit finit par être décalé par rapport à son marché en termes de qualité, de prix ou d’image et la sanction du marché se répercute immédiatement sur les ventes.

Le pacte avec les bailleurs de fonds, dont les banques, est tout aussi important. C’est peut-être même la relation dont les répercussions peuvent être les plus sonnantes et trébuchantes. Quand bien même les banquiers peuvent paraître parfois des «durs et sans cœur», ils font partie, qu’on le veuille ou non, des gardiens du temple des fondamentaux. Une entreprise qui n’honore pas ses dettes, quelle qu’en soit la raison, a rompu son pacte de solvabilité avec sa banque. Là aussi, le résultat est immédiat et naturel : les robinets se ferment et l’entreprise est obligée de revoir sa copie.

Pour rester dans la sphère de la finance, les spécialistes de la bourse utilisent à juste titre l’expression «sanctionnée par le marché» pour une entreprise qui a promis à ses porteurs et actionnaires des résultats qu’elle n’obtient finalement pas. La réaction est immédiate puisque le cours de l’action pique du nez au moindre faux pas.

En fait, on a tendance à oublier que la vocation de l’entreprise n’est pas seulement de créer de la valeur pour l’actionnaire mais aussi des richesses pour tout l’environnement en termes d’emplois, de revenus et surtout d’en faire profiter de manière juste et équitable tous ceux qui y ont contribué, à commencer par le client lui-même. La meilleure manière de pérenniser la richesse c’est de la partager…