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Avec le Global Entrepreneurship Summit qui s’est ouvert le 19 novembre à Marrakech, la TPE a disposé d’une occasion en or pour faire entendre sa voix et partager ses problèmes et ses ambitions aussi avec la communauté des affaires et les décideurs. Mais quand le rideau sera tombé, les projecteurs éteints et la fête terminée, ces jeunes et courageux chefs d’entreprises retourneront dès le lendemain à leur dure et triste réalité quotidienne. Ils devront attendre probablement encore une autre grand-messe pour que des experts, responsables et orateurs de tout genre viennent de nouveau s’intéresser à cette bizarrerie qu’est la TPE, discourir, se faire des promesses et repartir jusqu’à une prochaine occasion.

Certes, diront certains, il y a toute une agence étatique dédiée à la PME. Mais pas à la TPE. Certes, les pouvoirs publics, à travers les dernières Lois de finances, ont multiplié les dispositifs pour tenter de tirer la TPE de son isolement et de la faire sortir de l’ombre de l’informel auquel elle est parfois presque condamnée. Mais à bien y regarder, les mesures en faveur de la TPE sont toujours venues d’ailleurs et à l’initiative des autres.

Aujourd’hui, pour ne parler que du secteur structuré ou formel, il existe quelque 200 000 entreprises répertoriées sur les registres du fisc au titre de l’impôt sur les sociétés. Dans tout ce lot, et selon les chiffres en tout cas reconnus lors des Assises de la fiscalité, au moins 180 000 sont classées dans la catégorie des TPE. Au même moment, une confédération comme la CGEM, par exemple, compte aujourd’hui quelque 3 100 membres, soit 1,5% du total dont probablement une petite minorité de TPE. Et ce ne sont pas non plus les quelques associations, unions et fédérations éparses et encore moins les Chambres d’industrie et de commerce qui peuvent donner à la TPE une représentativité à la hauteur de son poids dans l’économie et adaptée.  
Car, en plus de souffrir de tous les problèmes dont souffre une entreprise tout court, les TPE ont des besoins, des contraintes et des modes de fonctionnement spécifiques qui ne sont pas forcément bien compris par ailleurs malgré le fait qu’elles soient majoritaires. Quand bien même la CGEM serait aujourd’hui le représentant le plus sérieux du secteur privé, le fait est que mathématiquement et statistiquement elle est loin d’être le meilleur porte-parole de la TPE.
S’inspirer de ce qui se fait ailleurs en matière d’innovation, de recherche, de développement et d’accompagnement de start-up est une démarche fort louable. Mais si les TPE marocaines ne prennent pas en charge elles-mêmes et sérieusement leur représentativité, elles resteront toujours bonnes à meubler les cérémonies, forums et autres manifestations.