Acte de foi

On peut rendre notre modèle plus performant par la concertation et la critique constructive. le pessimisme ambiant et maladif ne rend service à  personne.

Les années 2011 et 2012 auront été exceptionnellement catastrophiques pour l’économie mondiale. De grands vaisseaux qu’on croyait insubmersibles comme l’Europe ont pris l’eau. Même la Chine, qui, jusqu’à récemment, tenait encore le cap, a commencé à donner des signes d’essoufflement. Pour ne rien arranger, la vague de changement politique qui a déferlé sur des pays arabes et d’Afrique du Nord est venue compliquer davantage la situation avec toutes les répercussions que l’on sait sur les investissements étrangers, les flux de fonds qui ont fui les pays de la région mais aussi le renchérissement du baril de pétrole qu’on connaît très sensible à la politique. A tout cela, enfin, sont venues s’ajouter les conditions climatiques, mettant à mal les grandes zones de production agricole dans le monde avec, à la clé, une flambée sans précédent des cours mondiaux des denrées alimentaires.

Mais à quelque chose malheur est bon, dit l’adage. Dans toute cette adversité inédite, l’économie marocaine a pu garder globalement le cap. Malgré une année 2012 difficile, le Maroc fera de la croissance. Elle sera moins spectaculaire mais un 2% ou 3% de croissance aujourd’hui relève de la performance. Nos voisins européens sont bien placés pour le savoir. Garder la stabilité et la cohésion du pays malgré le tsunami du printemps arabe est un signe qui ne trompe pas quant à la solidité du socle.

Que faut-il conclure de tout cela? Simplement que le modèle que nous avons construit depuis tant d’années, que nous continuons de construire et auquel, paradoxalement, beaucoup, y compris au Maroc, ne veulent pas croire, fonctionne. Certes, ce modèle peut et doit être perfectionné. On peut le rendre plus performant par la concertation, le débat et la critique constructive et non pas par le travail de sape prisé par certains. On peut être dans la majorité ou dans l’opposition, dans la grande ou la petite entreprise, dans le privé ou dans le public, mais la différence doit plus être source d’enrichissement que de destruction.

Une économie est comme un circuit fermé : elle vous donne les fruits de ce que vous avez mis en input. Quand on y met du sérieux, de l’ambition, voire du rêve, de la foi et, évidemment, des ingrédients nécessaires comme les fonds, les ressources humaines compétentes, les lois appropriées, le tout accompagné d’une vision claire et lointaine, le résultat ne peut être que positif.

Un modèle est sans cesse en construction, tous les jours sur le terrain. Et le Souverain est le premier à montrer la voie au quotidien. Et plus que jamais, le Maroc a besoin de femmes et d’hommes engagés dans un seul objectif : l’intérêt du pays d’abord et avant tout…