A six mois du scrutin

Asix mois des élections législatives, et alors qu’aucun parti n’a encore dévoilé les détails de son programme (par peur que ne les lui vole M. Benatiq ?), il convient de s’interroger sur ce que sera l’orientation économique et sociale de l’Etat d’ici un an.

Asix mois des élections législatives, et alors qu’aucun parti n’a encore dévoilé les détails de son programme (par peur que ne les lui vole M. Benatiq ?), il convient de s’interroger sur ce que sera l’orientation économique et sociale de l’Etat d’ici un an.

Certes, certains programmes ou chantiers échappent à l’aléa politique. Le programme INDH, le plan Azur, Emergence, ou encore les grands travaux d’infrastructures, par exemple, sont bien ancrés dans l’agenda de l’administration et l’on voit mal un retour en arrière sur ces questions si ce n’est des ajustements qu’il faudra cadrer. De manière générale, et on l’a vu au cours de ces dernières années, un gouvernement, quelle que soit sa couleur politique, est confronté à la dure réalité de la gymnastique quotidienne entre des ressources, jamais suffisantes, et des besoins, tous urgents.

Il est cependant des défis que le pays doit affronter et qui pourraient faire les frais de la politique. Ces défis, le gouvernement actuel ne les a pas relevés – ou pas de manière satisfaisante -, soit par manque de temps, soit encore par manque de volonté politique de l’une de ses composantes. Ils ont pour nom éducation, agriculture, informel, fiscalité, justice, pour ne citer que ceux-là.

Aujourd’hui, s’attaquer à ces chantiers est vital pour le pays. On ne reviendra pas sur le cas de l’éducation dont le système produit des non-compétences, on soulignera le cas de l’agriculture, dont les cultures sont mal adaptées, les ressources en eau gaspillées et la modernisation inexistante. Un début de réforme est promis dans quelques jours. Mais quelle application, quel suivi dans un an ? On insistera sur le cas de la fiscalité trop chère pour les entreprises et les salariés, handicapant la compétitivité de l’économie alors que nombre de professions et de citoyens y échappent. On mettra l’accent sur l’informel, employant des millions de personnes sans couverture sociale et source de manque à gagner pour l’Etat. Et enfin, on ne dira jamais assez que notre justice est trop lente, assez complexe, pas toujours indépendante et souvent corrompue.

A tous ces problèmes-là, il faudra bien s’attaquer avec objectifs, méthodes et résultat chiffrés. Qui va le faire ? Quel risque que le dossier ne soit pas ouvert pendant cinq ans ? Il n’est pas dans notre intention de prôner le dirigisme en matière de gouvernance du pays, mais certains chantiers doivent faire l’objet d’une véritable feuille de route applicable à moyen terme, quelle que soit la couleur politique de l’après-2007. Les enjeux du développement sont trop importants pour se soumettre à la loi des élections.