A chacun son fonds de commerce

Ali Salem Tamek est la grande figure médiatique du moment. En une année, il est en quelque sorte devenu le représentant du polisario au Maroc, le symbole de la lutte de l’intérieur contre l’occupation marocaine.

Ali Salem Tamek est la grande figure médiatique du moment. En une année, il est en quelque sorte devenu le représentant du polisario au Maroc, le symbole de la lutte de l’intérieur contre l’occupation marocaine. Même s’il s’agit d’un individu isolé, son cas mérite d’être commenté et analysé car il essaye de se donner (et réussit parfois) une envergure politique et une aura de victime.
z Qui est Ali Salem Tamek ? C’est un Marocain de Assa, province marocaine incontestée. Il fait partie de la tribu des Aït Oussa connue pour sa bravoure et son patriotisme, et qui fournit en permanence un gros contingent de soldats stationnés sur le mur de défense au Sahara, et de nombreux martyrs. Militaire lui-même, son père exerce d’ailleurs sur le mur.
Après des études à Guelmim et Marrakech, Ali Salem Tamek échoue au bac et se retrouve fonctionnaire de l’Entraide nationale à Assa. En 1999, il est derrière les événements de Laâyoune et se voit condamner à deux années de prison. En 2002, il est révoqué de l’Entraide nationale parce qu’il refuse d’être transféré à Meknès. Il devient alors un activiste déclaré et rejoint le Forum Vérité et Justice. Pendant les opérations de recensement des votants en vue du référendum, les chioukh du polisario refusent son inscription sur les listes électorales au motif qu’il n’est pas sahraoui.
z Quel est son degré de nuisance ? Aussi isolé soit-il, un individu peut avoir du retentissement et faire des dégâts. Pour peu que les médias soient derrière, voire un peu de société civile en Europe.
Son origine marocaine incontestable, son parcours, sa médiocrité intellectuelle décrédibilisent son discours pro-polisarien. Mais ses talents de propagandiste lui permettent d’utiliser les médias et d’instrumentaliser, au Sahara, un mécontentement social comme on en voit ailleurs au Maroc.
Ali Salem Tamek fait une violente propagande anti-marocaine. Mais ce qui choque le plus les Marocains, c’est son hypocrisie, son cynisme qui consistent à jouir des avantages de la citoyenneté marocaine tout en se déclarant favorable à l’indépendance du Sahara.
z Ce qu’il faut faire. Ou bien Tamek est marocain, et il s’agit d’un traître. Ou bien il ne l’est pas (c’est ce qu’il dit) et il n’a rien à faire chez nous. Le meilleur service à lui rendre serait de le jeter en prison. Par contre, il appartient à la société civile et aux partis politiques de se mobiliser, à l’image des actions intelligentes du collectif Watanouna