2020, le déclic…

Quand, en 1941, les Etats-Unis avaient décidé, bien que tardivement, de prendre part à la Seconde Guerre mondiale aux côtés des alliés, ils ne savaient pas encore qu’ils allaient trouver là la future vocation de l’économie américaine et le levier qui allait en faire une puissance dans les décennies qui vont suivre.

Car, pendant cette Seconde Guerre mondiale, les Etats-Unis ont rapidement reconverti un grand nombre de leurs usines civiles en lignes de productions de fortune pour fabriquer les armes et les munitions, pour monter des avions de combat et des véhicules à usage militaire ou encore pour produire des articles en relation avec l’état de guerre comme les médicaments et les installations hospitalières très demandés à l’époque. C’était un hasard, mais les Etats-Unis allaient devenir durablement, et jusqu’à nos jours encore, une économie de guerre. Qu’elle soit le fait de la nature ou de l’Homme, chaque crise est par défi nition un aléa qui peut apporter son lot de problèmes, évidemment, mais aussi et surtout ses opportunités. L’actuelle pandémie du Covid-19 n’échappe pas à cette règle. Sans aller chercher loin. Qui aurait cru il y a quelques semaines encore que les millions d’écoliers, collégiens, lycéens et étudiants marocains seraient capables de suivre globalement leur cursus et même passer leurs évaluations à distance? Qui aurait cru qu’en l’espace de moins d’une semaine, on pouvait collecter et mobiliser presque 30 milliards de DH sonnants et trébuchants pour faire face à la crise, ou encore recenser, identifi er des millions de citoyens et organiser une méga-opération de distributions d’aides fi nancières directes à travers tout le Royaume ? Qui aurait parié un sou sur la capacité des entreprises industrielles et de leurs ingénieurs à convertir en un temps record leurs outils de production pour fabriquer des respirateurs au lieu de pièces d’avions ou encore des masques très précieux en ces temps-ci au lieu de pantalons et de vestes ?

La crise sanitaire aura un coût pour l’économie marocaine, certes. Et le HCP a fait une première estimation : 15 milliards de DH rien que pour les deux premiers trimestres de l’année. Mais la pandémie va permettre, et c’est déjà le cas, de démontrer que l’économie marocaine, et le Maroc de manière globale, a véritablement de grands gisements de performances et de création de valeur et d’emplois qu’il peut rapidement exploiter. Il a également des atouts qui lui ont permis de tenir bon en période de gel international des échanges avec, Dieu merci, de l’autosuffi sance pour au moins les denrées alimentaires et les produits de première nécessité. Ce sont là autant d’enseignements que le Maroc devra mettre à profi t pour les décennies à venir durant lesquelles, on peut être certain, la face du monde et de l’économie auront profondément changé après le passage du Coronavirus… 2020 peut véritablement être l’année du déclic qu’on cherchait depuis bien longtemps…