2020, la magique

L’année 2019 s’achève. Il reste un an pour que la barre 2020 soit atteinte. 2020 est un nombre magique qui, esthétiquement, se prête bien à l’exercice des prospectivistes et des spécialistes des stratégies et plans d’action.

Ceci est universellement vrai et il l’est encore plus au Maroc. Les institutions, ministères, administrations, bureaux et cabinets d’étude et toutes sortes d’acteurs de la vie économique et sociale ont usé, voire abusé de la magie vendeuse de 2020 qui a été marquetée, exploitée, consommée et vendue à toutes les «sauces» et en une multitude d’occasions. A tel point que, quand on fait l’inventaire de tout ce qui nous attend en 2020, ou, en tout cas, ce qui a été programmé et promis, on est en droit de penser que l’année qui commence va être l’année du big-bang marocain. En juin 2020 justement, le Maroc aura officiellement son nouveau modèle ou sa nouvelle vision du développement. Ceci est déjà un premier événement majeur qui devrait inscrire 2020 dans les annales de l’histoire.

Mais bien avant, et à en croire tout ce qui a été présenté ces dernières années, 2020 sera l’apogée de beaucoup de programmes et de stratégies pour lesquelles l’année prochaine a été posée comme échéance fatidique pour l’atteinte des objectifs dont beaucoup sont très ambitieux.

La Vision 2020 pour le secteur touristique prévoyait 20 millions de touristes. 2020 est également l’année d’achèvement d’autres programmes majeurs et politiques sectorielles comme le Plan d’accélération industrielle (PAI), le Plan Maroc Digital, la très ambitieuse stratégie nationale pour le développement durable. L’année prochaine doit être également une année de chamboulement de la réglementation de change marocaine restée sclérosée durant des décennies. En 2020, l’Assurance maladie obligatoire doit être généralisée, le Maroc devra faire son entrée historique dans le Top 50 des meilleurs pays en matière de climat des affaires. 2020 doit être la première année pleine pour la mise en œuvre de la réforme de l’éducation dont la gestation a nécessité presque 20 ans. En 2020, on verra également les premiers smartphones 5G au Maroc et probablement les premières banques de la nouvelle génération de la finance, les fameuses fintech. Avec tous ces progrès, peut-être qu’il est permis d’oser espérer que tout sera fait pour que, dans l’autre Maroc profond, il n’y ait plus de Marocaines et de Marocains dans des douars sans dispensaires, sans routes et sans services de base, pour que nos petits écoliers soient tous en mesure de lire et d’écrire, pour que les impôts soient dûment payés par tous, qu’il n’y aura plus de noir ni d’informel…

Une décennie et même deux seraient peut-être insuffisantes pour réaliser tout cela.

Mais 2020 avec sa magie pourrait être aussi l’année du début d’un vrai big-bang général… Bonne année.