1+1=1

Accélérer la croissance ?
«Il n’y a qu’à», «il faut que»,
«il suffirait de»… Mais alors, pourquoi rien n’a-t-il été fait ?

Selon les dernières estimations officielles, en 2004, le Maroc réalisera un taux de croissance de son PIB de 3,3%. En 2005, nous dit le ministère des Finances, ce taux sera à peine de 3%. Le Haut Commissariat au Plan est plus pessimiste. Pour lui, on atteindra à peine 2,5%.
Certes, on dira que si la nation s’enrichit un tout petit peu, elle s’enrichit quand même et c’est toujours ça de pris, mais il n’y a pas de quoi pavoiser quand on sait que ce taux de croissance ne suffit ni à compenser l’accroissement démographique, ni a résorber le chômage. Pas de quoi être fier quand on sait que nos voisins du Maghreb et d’autres pays à économie comparable font deux fois mieux.
Pourquoi, cette panne de croissance ? Nous avons essayé d’en savoir plus en allant au-delà de la sempiternelle justification par l’absence d’une politique économique volontariste. En gros, on découvre que l’investissement reste faible parce que l’épargne est insuffisante. Pour atteindre le taux de croissance nécessaire de 7%, il faudrait que le taux d’investissement soit de 28%, ce qui implique que le taux d’épargne soit de 30% du revenu national disponible. Il faudrait aussi que la croissance de la consommation justifie que des investissements soient réalisés.
Voilà pour le volet technique, et tous les économistes vous diront à peu près la même chose. Mais personne ne vous dira pourquoi nous en sommes encore aujourd’hui à répéter ces «il faut», «il n’y a qu’a», «il suffirait de»… Pourquoi depuis dix ans les choses ne se sont-elles pas améliorées ?
Face à cela, des chiffres officiels qui offrent un contraste saisissant: les investissements direct étrangers ne cessent de croître, les recettes des MRE et de voyage sont en hausse régulière, les grands chantiers d’infrastructures n’arrêtent pas d’être lancés et, depuis trois ans, la récolte céréalière se porte bien… Tout cela crée bien de la richesse mais n’améliore pas substantiellement le taux de croissance.
Quoi que l’on fasse, on se retrouve toujours devant l’équation 1+1 = 1, un cercle vicieux dont il est aujourd’hui urgent de sortir. Comme l’habitat, la mise à niveau ou l’enseignement, la croissance doit être l’un des chantiers prioritaires de l’Etat. Quitte à bousculer un peu ces équilibres macroéconomiques dont on est fier, mais qui ne nous rapportent, pour le moment, pas grand-chose

Accélérer la croissance ?«Il n’y a qu’à», «il faut que»,«il suffirait de»… Mais alors, pourquoi rien n’a-t-il été fait ?