Zones industrielles : l’Etat accélère la récupération des lots inexploités

Depuis janvier, 179 lots ont été repris et la moitié réattribuée

Les adjudicataires ne sont pas les seuls mis en cause

L’Etat tente de
mettre à niveau certaines zones pour les rendre aptes à héberger
des activités.

L’Etat semble décidé à reprendre les lots inexploités dans les zones industrielles. On peut même dire que ce processus s’est accéléré cette année. A fin mai, 179 lots ont été récupérés et 82 réaffectés à de nouveaux investisseurs. Ces chiffres, communiqués par le ministère du Commerce et de l’industrie (MCI), concernent plusieurs zones, entre autres Mohammédia nord- ouest, Béni Mellal, Dar Bouazza, Tétouan et Gueznaya à Tanger. On précise par ailleurs que dans la zone industrielle de Settat où, sur les 30 lots récupérés, 20 ont été réaffectés, 8 bénéficiaires qui n’ont pas valorisé leurs terrains ont été mis en demeure de rétrocéder leurs lots avant la fin de l’année.

Bien entendu, la dynamique enclenchée n’est pas encore significative sur le plan du volume puisque le nombre de lots non valorisés sur 78 zones industrielles du pays a atteint à peine 3 400 lots, sur près de 11 000 vendus. On le voit bien, cette opération, qui a démarré en 2 000, et dans laquelle s’implique, outre le MCI, celui de l’Intérieur, n’en est qu’à ses débuts. Autrement dit, dans la mesure où le recensement des lots non valorisés est aujourd’hui entièrement bouclé, on peut s’attendre à une nette recrudescence dans la chasse aux acquéreurs défaillants.

Faire jouer aux zones industrielles leur rôle de pôles économiques et de production
Pourtant, Mohssine Semmar, directeur des Etudes et de la planification au MCI, estime que ce n’est pas au nombre d’acquéreurs défaillants expropriés qu’il faudra mesurer l’impact de l’opération. En effet, explique-t-il, l’essentiel est de faire jouer à ces espaces leur rôle de pôles économiques et de production. Par conséquent, il faut agir sur plusieurs vecteurs comme les associations d’attributaires ou les communes qui en ont hérité sans y être préparées ni en moyens ni en compétences.

D’ailleurs, parallèlement à cette vague de récupération de lots non valorisés, le MCI, en s’appuyant sur le Fonds Hassan II et ses moyens propres, a initié plusieurs opérations de mise à niveau des zones industrielles. Les deux exemples les plus réussis ont concerné Tanger et Casablanca où, à travers les associations d’attributaires et les acteurs comme les élus, des programmes de réhabilitation ont eu un succès incontestable. Le MCI est dans une logique de financement de ces programmes à hauteur de 30 %, le reste devant être mobilisé par les régions et les communes.

Tout acquéreur est obligé d’adhérer à l’association de sa zone
En fait, cette analyse se tient, en ce sens que le programme de création des zones industrielles a souffert de plusieurs accrocs. D’abord, des erreurs de jeunesse, puisque déclenché avant 1980 et mû par le besoin de stimuler les opportunités d’affaires et d’emplois, elles n’ont pas été bien pensées en tant qu’espaces intégrés dans leur environnement et dans leur concept même (voierie, éclairage, absence de services de proximité, NTIC…). Il s’agissait juste de dépasser la rareté de l’offre foncière pour attirer l’investisseur. Cela n’est d’ailleurs pas étranger au fait qu’il y a eu un vent de spéculation, servi par les instances en charge des attributions.

En plus de l’absence ou de la carence des référentiels techniques et normes, d’autres problèmes comme la lenteur et la complexité des procédures administratives ont également nui à ce programme qui était à plusieurs vitesses, selon les régions.

Aujourd’hui encore, on a des exemples d’échec ou de succès mitigés comme les zones industrielles Iziki à Marrakech, Aïn Chkef à Fès, Mejjat à Meknès, Oulad Salah à Bouskoura où la défaillance du transport, éclairage, service postal empêchent les industriels d’envisager l’issue de leurs investissements actuels et découragent toute velléité d’élargissement d’activités ou de passage à une vitesse supérieure.