Zones industrielles de Souss-Massa : le privé à la rescousse

Voiries en mauvais état, manque de sécurité, renchérissement des lots, les zones industrielles de Souss-Massa sont peu accueillantes n Les aménageurs publics optent pour la location-vente pour contrecarrer la spéculation. Intéressés par les parcs industriels locatifs, des investisseurs privés ont un premier projet sur 20 ha dans la préfecture d’Inezgane-Aït Melloul.

Problèmes de collecte, de ramassage d’ordures, de transport, de sécurité, signalisation toujours insuffisante : le visage des zones industrielles de Tassila à Agadir et d’Aït Melloul ne change pas. En 40 ans, ces infrastructures n’offrent pas un cadre d’activité adéquat aux milieux d’affaires du Souss et, in fine, participent peu au développement de l’économie de la région.

La zone industrielle d’Aït Melloul est un bon exemple de cette mauvaise gestion. Aménagée sur une superficie de 354 ha en 1988 avec un budget de 248 MDH, elle est une des plus grandes au Maroc. Cependant, trente ans après sa création, «elle continue de souffrir de nombreux maux récurrents», déplore un industriel de la localité. Il souligne dans ce cadre que les infrastructures routières de la zone sont dans un mauvais état et l’éclairage y est insuffisant. Dans cet environnement peu reluisant, seuls 50% des lots abritent une activité, alors que la zone a été entièrement commercialisée et que, de sources officielles, elle enregistre un taux de valorisation de 80%.

Pendant longtemps, la spéculation a fait rage dans ce site, ce qui a engendré une flambée des prix. Il faut compter entre 800 à 1500 DH le m², voire bien plus pour les petites superficies. Rappelons que dans cette zone industrielle d’Aït Melloul, le prix moyen du m² était entre 134 et 240 DH lors de sa commercialisation. Bien entendu, les acheteurs se font rares. Surtout que dans les lieux règne une certaine anarchie causée par les garages de mécaniciens qui accaparent l’espace public pour leur activité. Il en résulte de gros problèmes de circulation et de stationnement pour les camions qui circulent dans la localité.

A Aït Melloul, des lots se revendent entre 800 et 1500 DH/m2

Un projet de mise à niveau de la zone industrielle est en cours de réalisation. Il est piloté par la Commune et la société Al Omrane, qui devrait débloquer une enveloppe de 10 MDH pour cette opération.

La zone industrielle de Tassila, à Agadir, vit les mêmes problèmes. De plus, la localité s’est transformée par endroit en site d’habitation. Des logements avec garage côtoient des entreprises en activité. Les salles de fêtes ouvertes sur le site ne désemplissent pas en été, lors de la saison des mariages. «Ce n’est pourtant pas une activité industrielle. Comment peut-on autoriser cette activité dans la localité ? Les soirs de fête, il est très difficile pour les camions de pénétrer dans la zone», regrette un investisseur.

Pour remédier à la situation, les institutionnels ont entrepris d’aménager de nouvelles zones industrielles dans la région. Mais l’expérience des premières zones qui n’ont pas été épargnées par la spéculation, l’apurement du foncier et sa cherté, pousse les aménageurs développeurs publics à s’orienter vers la formule de la location-vente. Pour l’heure, le nouveau projet de parc industriel à Oulad Teima dans la province de Taroudant, initié par Al Omrane Souss Massa, en tant qu’aménageur développeur, est une première expérience en la matière dans la région. L’opération, qui figure dans la déclinaison régionale du Plan d’accélération industrielle (PAI), porte sur une superficie de plus de 116 ha d’une consistance de 265 unités sur des lots allant de 1000 m² à plus de 5000 m².

Les industriels rêvent d’un grand port ouvert sur l’Afrique subsaharienne

L’aménagement de parcs industriels locatifs dans le Souss intéresse aussi des aménageurs développeurs privés. Une première expérience est menée actuellement sur 20 ha à Temsia dans la préfecture d’Inezgane-Aït Melloul. L’opération est, pour l’heure, au stade de l’aménagement. Selon une source bien informée, un autre dossier est en instance. L’expérience réussie du parc industriel de Bouskoura avec des lots sécurisés et équipés en haut standing et une aire clôturée est une opération que les investisseurs de la région souhaiteraient bien voir dupliquer dans le Souss.
Pour aller de l’avant et réaliser les ambitions économiques du Souss contenues dans le PAI, la région, de l’avis de nombre d’investisseurs, a besoin d’un nouveau souffle à travers un nouveau complexe industrialo-portuaire. Une infrastructure dotée de grands équipements, à l’image des grands ports tel que Jebel Ali à Dubai ou encore de Tanger Med, qui pourrait positionner Agadir et sa région comme porte de l’Afrique. Pour les acteurs économiques, ce port pourrait être implanté au Sud de la ville. Pourraient y être aménagés une zone logistique, une zone franche, des quais pétroliers et bien d’autres composantes reliées au reste de la région et du Royaume par des infrastructures autoroutières et ferroviaires. L’ancien port pourrait être dédié à la construction navale et au tourisme.