Ynna holding construit une ville en Egypte, Jet Sakane 1 000 immeubles en Libye

Les deux groupes ont osé l’aventure africaine et moyen-orientale avec de gros marchés à la clé.
Ynna holding mène un projet d’un milliard de dollars aux Emirats
Arabes Unis et Jet Sakane travaille au Gabon et en Guinée équatoriale.

Guinée équatoriale, Gabon, Sénégal, Egypte et même Emirats Arabes Unis, l’expérience en matière de promotion immobilière s’exporte. Deux groupes immobiliers en particulier ont réussi ce pari. Il s’agit d’ Ynna holding et de Jet Sakane. Les deux groupes sont aujourd’hui présents dans de grands projets de logements sociaux et de standing dans différents pays arabes et africains.

Bien sûr, de telles aventures ne manquent pas de difficultés, l’exécution de certains de leurs projets se trouvant parfois confrontée à des problèmes fonciers notamment. Pour autant, nos promoteurs ne désarment pas. «Notre présence à l’étranger est un signe de diversification», argue Miloud Chaâbi, PDG d’Ynna holding, pionnier en matière d’investissements immobiliers à l’étranger. Il faut dire que les différentes filiales de ce groupe ont accumulé une grande expérience dans différents pays africains et arabes. Et ce n’est pas sans fierté que Miloud Chaâbi passe en revue les réalisations de son groupe en cours. En Egypte, d’abord, où le groupe est actionnaire dans l’une des plus grandes entreprises de promotion immobilière de la vallée du Nil. Il s’agit de Madinat Nasr, dont le projet le plus en vue porte sur la construction d’une ville nouvelle. «Les logements prévus vont de l’économique au haut standing en passant par le moyen de gamme», souligne le PDG d’Ynna holding. Pour ses différents projets de logements sociaux, le groupe Chaâbi, précurseur en matière d’investissement dans les pays africains, a d’ailleurs été primé au Caire.

En Guinée équatoriale, le groupe est également sur un projet portant sur la construction de près de 500 logements de moyen standing. La convention a été signée en 2005 avec l’Etat et le projet est aujourd’hui dans sa phase finale. En outre, Ynna holding compte se lancer dans la réalisation de projets immobiliers, de centres commerciaux et d’unités hôtelières dans les principales villes de ce pays.
Mais l’investissement qui tient le plus à cœur à M.Chaâbi se trouve aux Emirats Arabes Unis. «En principe, ce sont les Emiratis ainsi que les entreprises d’autres pays du Golfe qui viennent investir au Maroc. Le contraire est plutôt rare. Le groupe a tenu à réaliser ces investissements pour montrer l’exemple d’une coopération entre pays arabes», souligne un responsable du groupe.

Important : s’entourer de garanties étatiques
Dans ce pays, Ynna holding est présent dans deux émirats: Dubaï et Charjah. Dans le premier émirat, il réalisera seul des projets touristiques, hôteliers et immobiliers de haut standing. A Charjah, les Marocains se sont associés à Gasmi Group, promoteur immobilier local. La société maroco-émiratie née de cette coopération réalise des projets de luxe. Montant global des investissements prévus : un milliard de dollars.

Le quatrième pays dans lequel Ynna holding est présent est le Sénégal. Le groupe marocain a en effet signé, en 2005, une convention avec le gouvernement de ce pays pour la réalisation de 10 000 logements de moyen et haut standing. Un projet qui, malheureusement, n’a pu voir le jour rapidement faute de disponibilité du foncier. «Les termes de la convention que nous avons signée sont clairs. Les autorités sénégalaises devaient nous fournir le terrain, chose qui ne s’est pas faite», souligne M. Chaâbi qui annonce le déblocage de ce projet dans les semaines à venir (voir encadré).

L’autre groupe immobilier marocain, Jet Sakane, qui s’est lancé dans l’aventure étrangère, n’a pas échappé à ce problème de foncier, même si le management de cette entreprise, créée en 1987, n’a pas désiré se prononcer sur le sujet. Le blocage s’est produit pour lui au Gabon, pays dans lequel ce groupe s’est engagé à investir pas moins de 70 millions de dollars dans des projets immobiliers économiques, moyen et haut standing. La convention a été signée en juin 2004 en présence du Roi Mohammed VI alors en visite d’Etat au Gabon. Restait à surmonter des difficultés, nombreuses : non- disponibilité de terrains, manque d’infrastructures (eau, électricité, routes), bureaucratie…. Il a fallu plus d’une année pour y arriver. Nullement échaudé par cette expérience, Jet Sakane s’est lancé dans une nouvelle épopée africaine, en Guinée équatoriale, pour la réalisation de projets immobiliers et touristiques. Ce groupe qui fait montre d’un gros appétit s’attaque aussi à la Libye, pays avec lequel il a signé un contrat portant sur la construction de 1 000 immeubles.

Certes encore limitée à quelques entreprises, l’expérience des promoteurs immobiliers marocains à l’étranger n’en demeure pas moins intéressante. Reste à savoir si d’autres groupes franchiront le pas. En tout cas, le marché, surtout en Afrique, est apparemment très porteur. Le tout est de savoir s’entourer de garanties étatiques pour la réalisation des projets.