Webmarketing : vos adresses mail vendues à  150 DH par campagne publicitaire !

Très peu de sociétés sont spécialisées dans le e-mailing. Les newsletters et les messages publicitaires envoyés grà¢ce à  une base de données sont les deux composantes du e-mailing. Le taux d’ouverture d’un message est de 10 à  15% au Maroc.

Les méthodes de communication et de marketing des opérateurs économiques ont évolué avec Internet. Marketing digital, marketing direct ou encore webmarketing, peu importe le terme utilisé, le Maroc n’y a pas échappé. L’e-mailing est régulièrement utilisé par les marques marocaines voire par des investisseurs individuels sous différentes formes. Il constitue un outil performant à la portée des entreprises pour fidéliser leurs clients et en conquérir de nouveaux. C’est en plus l’une des solutions les moins coûteuses en matière de marketing.

Le hic est qu’il est très souvent mal utilisé. «Les annonceurs oublient à quel point l’e-mailing est important. Beaucoup ont opté pour les réseaux sociaux qui, pourtant, sont moins efficaces pour cibler la clientèle», explique Majda Chami, DG de Primvod, créé en 2004. Cependant, explique Julien Guyard, directeur associé de NetGroup, il «faut distinguer deux types de campagne via l’e-mailing : les envois de newsletters auxquelles l’internaute s’inscrit volontairement et les messages publicitaires envoyés grâce à une base de données».

Au Maroc, les entreprises exerçant dans l’une ou les deux activités se comptent sur les doigts d’une main. Les plus connues dans le business des newsletters informatives sont Infomédiaire, le «2 minutes» ou encore le «20 heures» mais de petits nouveaux comme Marocapart sont venus agrandir les rangs.

Créé en 2009, Infomédiaire effectue par exemple trois envois par jour : une newsletter qui inclut 8 bannières publicitaires, une alerte qui n’en intègre qu’une seule, et un dernier envoi qui ne concerne qu’une campagne publicitaire en particulier. Le prix de la bannière varie en fonction de ces envois. Il faut ainsi compter 2 500 DH pour faire paraître une bannière dans la newsletter et 3 000 DH pour apparaître dans l’alerte. Différents packs, de 1 à 96 envois sont proposés aux annonceurs. Avec une base de données de plus de 100 000 personnes (inscrits volontairement à la newsletter), cette société a réussi à s’attirer un portefeuille d’une centaine d’annonceurs, tous secteurs confondus, notamment l’hôtellerie, les banques, l’automobile, les assurances, l’agroalimentaire, les télécoms… Elle compte clôturer l’exercice 2012 avec une croissance de 20% par rapport au chiffre d’affaires de 3 MDH réalisé en 2011.

Du côté des sociétés spécialisées dans l’e-mailing publicitaire, la concurrence est aussi intense. «J’estime qu’une dizaine d’entreprises font de l’e-mailing et ça tourne beaucoup. Certaines agences de communication s’y mettent de manière directe ou indirecte», précise Majda Chami.

Avec 1,6 million de personnes dans sa base de données, Primvod intéresse également l’ensemble des secteurs annonceurs. Contrats à l’année, notamment avec l’hôtellerie, ou contrats campagne par campagne, ses tarifs se négocient en fonction du client.

Les bases de données peuvent être achetées ou louées

Même son de cloche chez NetGroup qui exerce aussi à l’offshore. Créée en 2008, la société compte ainsi près de 20 clients réguliers, parmi lesquels Verbaudet, Cyrillus ou encore Daxon et McDonald’s, Nivea, Jevoyage.ma et Centrale Laitière pour le Maroc. «Nous gérons 20 millions d’envois par mois», précise Julien Guyard. La prestation se décompose en 5 postes incluant le service (graphisme, découpage HTML, gestion des tests) et le routage (routage des e-mails facturés par 1 000 mails routés et base de données pour 1 000 adresses). Il faut donc compter entre 10 000 DH et 20 000 DH pour 50 000 mails routés. «Au Maroc, il n’y a pas de tarifs différents en fonction de l’action de l’internaute, c’est-à-dire qu’il ait ouvert ou cliqué sur le mail», explique Julien Guyard. Mais le plus important est de connaître le taux d’ouverture qui se situe entre 10 et 15%. «Il est meilleur lorsqu’il s’agit de newsletter» continue-t-il.

Au final, l’acquisition de 1 000 contacts via l’organisation de jeux concours et autres subterfuges revient à 10 000 DH. Ces 1 000 contacts sont ensuite refacturés à l’annonceur 150 DH par campagne.
Des bases de données se retrouveraient même à Derb Ghallef. Mais, prévient le directeur associé de NetGroup, «il ne s’agit que d’une liste de mails sans les noms des personnes, sans l’âge et sans la CSP».
L’ensemble de nos interlocuteurs s’accorde sur le fait qu’une base de données doit être régulièrement actualisée. «Voilà pourquoi je me méfie des fichiers loués. Je préfère acheter une base de données de 2 000 contacts hyper-qualifiés qu’une base de 2 millions de contacts sans qualification», précise Denis Germain, directeur conseil associé à l’agence de communication Mosaïk.

La location ou l’achat d’une base de données est possible au Maroc. Casanet, filiale de Maroc Telecom, et Rekrute.com le font. En cas de location, la base de données est disponible sur un serveur sécurisé et ne sera utilisée que pour la campagne concernée.