Wafasalaf : l’encours progresse trois fois plus vite que le marché

La société de crédit à  la consommation a fait croître son encours global de 10% contre une progression de 3.2% à  38.4 milliards de DH pour tous les opérateurs. L’encours géré pour le compte d’autres organismes augmente de 20.5% et monte à  52% de l’encours total de la société.

Dans une conjoncture peu clémente pour les sociétés de crédit à la consommation, Wafasalaf s’en est bien tirée en 2012. La filiale du groupe Attijariwafa bank a fait croître son encours global de 10% en dépit d’une production portée qui progresse très légèrement de 0,6%. Ainsi, elle reste leader du secteur avec 29,2% de parts de marché en termes de production et 30,5% pour ce qui est de l’encours. En comparaison, le marché du crédit à la consommation (hors banques) a fait du surplace en termes de crédits distribués, à près de 16 milliards de DH, et une croissance des encours limitée de 3,2%, à 38,4 milliards de DH.

Il faut dire qu’au niveau de tout le marché seul le segment du financement de l’automobile affiche une bonne santé avec une progression de 24% à rattacher à une hausse de 16% des ventes de véhicules, dont 42% ont été financés à crédit en 2012. En revanche, les prêts non affectés (prêts personnels) ont reculé de manière notable de 16%. Cela est entre autres dû à la concurrence agressive des banques sur ce dernier segment, sachant que leur encours a progressé de 10% en 2012, soit trois fois plus que le rythme affiché par les sociétés spécialisées.

C’est que les banques continuent d’affûter leurs armes commerciales en matière de crédit conso en passant notamment d’une communication généraliste à une démarche plus ciblée (jeunes actifs, fonctionnaires, professionnels…). Sans compter qu’elles disposent d’atouts naturels pour augmenter leurs parts de marché. D’une part, les réseaux d’agences bancaires dépassent pour les trois premières banques la barre des 3 000 points de vente alors que les trois premières sociétés de financement n’affichent qu’un total de 100 points. D’autre part, les banques bénéficient de ressources de financement nettement moins chères que celles des sociétés spécialisées. Ces dernières se refinancent actuellement à un taux de 5% en moyenne, en augmentation de près d’un point de pourcentage sur les trois dernières années. Cela aboutit à des taux de crédit pour la clientèle qui plafonnent à 12% chez les banques mais qui peuvent aller jusqu’à 14% chez les sociétés spécialisées correspondant au maximum réglementaire autorisé.  

Les sociétés de crédit à la consommation redeviennent prudentes en raison de la montée des risques

Face à cette montée en régime des banques, dans un marché en stagnation, les sociétés de crédit conso refrènent leurs appétits surtout que les niveaux de risques d’impayés restent préoccupants. Le taux de contentialité se maintient en 2012 à un niveau de 12,8% contre 13,3% en 2011. Pour sa part, Wafasalaf affiche un niveau de 9,9% pour un coût du risque de 1,63% contre 1,88% en 2011.  

Pour autant, on n’en est pas encore au point où l’on devrait s’inquiéter pour la pérennité du business model des sociétés spécialisées. «Les sociétés de financement bénéficient d’atouts importants tels que la rapidité de traitement et le délai de déblocage des fonds ainsi que d’une expertise commerciale et technique sur les marchés faisant appel à des prescripteurs (marché auto, grandes surfaces…) qui constituent un réseau de plus de 3 500 à 4 000 points de vente structurés», explique Laïla Mamou, présidente du directoire de Wafasalaf. En clair, pour contrer la domination des banques sur le prêt personnel, les sociétés de financement ont encore une carte à jouer sur le crédit auto et à l’équipement notamment en étant présentes sur les lieux de la vente. 

Qui plus est, la configuration actuelle du marché offre des possibilités de diversification pour les sociétés spécialisées telle que la gestion pour compte. Celle-ci consiste à gérer toute la chaîne de valeurs de l’activité du crédit à la consommation pour le compte d’organismes tiers, surtout des banques. Il s’agit concrètement de fournir des solutions clés en main en matière de scoring de la clientèle, de gestion du service après-vente ou encore de recouvrement des créances. Cette activité a pris de plus en plus d’importance sur les cinq dernières années en raison de l’intérêt croissant des banques pour le segment des clients particuliers. Wafasalaf, pionnier en la matière, fournit actuellement ce type de services à RCI, société captive de financement automobile, ainsi qu’à trois banques de la place. Et si sa production portée est restée en quasi-stagnation, celle gérée affiche une progression de 20,5% en 2012, sachant qu’elle croît de deux chiffres depuis 5 ans. Pas étonnant dans ce contexte que l’activité de gestion représente déjà 52% de l’encours de la société.

Et Wafasalaf espère encore creuser ce sillon «très rentable» surtout qu’il permet de faire des économies d’échelle. Ceci sachant que le niveau de rentabilité de la société mesuré par le Return on Equity (ROE) est déjà très important à 31,6% contre 17 à 18% pour les opérateurs de la place.