Wafa Assurance maintient le cap dans un marché très concurrentiel

Portées principalement par les produits d’épargne, les primes émises au titre de l’activité Vie se sont appréciées de 7,1 %, à  3 milliards de DH . En plus d’une sinistralité en recul, la compagnie a maîtrisé les frais de gestion et d’acquisition des contrats.

Wafa Assurance, filiale du groupe Attijariwafa bank, a signé un bon cru en 2014 dans un contexte de marché très concurrentiel. En effet, le chiffre d’affaires a franchi pour la première fois la barre de 6 milliards de DH (6,078 milliards de DH), soit une progression de 5,9% par rapport à 2013. Elément nouveau, la branche Vie renoue avec la croissance. En effet, alors que la Non-vie enregistre une hausse de

4,8 %, à 3,06 milliards de DH, les primes émises au titre de l’activité Vie se sont appréciées de 7,1 % en 2014, à 3 milliards, portées principalement par les produits d’épargne dont le chiffre d’affaires s’établit dorénavant à 2,25 milliards de DH. «Nous avons profité au cours de l’exercice 2014 d’un contexte de liquidité plus favorable que celui ayant prévalu en 2013. En plus, les paramètres de notre offre ont joué dans ce sens», explique Taoufik Benjelloun, directeur général adjoint pôle finance de la compagnie, qui fait savoir que «la rémunération des contrats d’épargne au titre de 2013 a atteint 4,7%».

Par ailleurs, toutes les lignes de métier de la branche Non-vie sont en croissance comme en témoignent les chiffres annoncés par l’assureur. A commencer par l’automobile dont les primes affichent une hausse de 3%, à 1,37 milliard de DH (44,8% de la branche). «Nous comptons aujourd’hui 403 agents et bureaux directs et courtiers partenaires contre 395 en 2013. De plus, nous avons lancé un produit innovant sur le marché proposant au client trois modes de souscription : libre, à formule ou au forfait», explique Jean-Charles Freimuller, directeur général délégué. A l’instar de l’automobile, l’activité accident de travail RC, maladie et accidents corporels et dommage aux biens se sont inscrites en croissance respectivement de 9%, 7,7% et 2,4% par rapport à 2013.

La compagnie servira un dividende ordinaire de 97 DH par action en plus d’un coupon exceptionnel de 142 DH

Sur le segment de l’entreprise, le management de la compagnie affirme la consolidation du développement de cette activité malgré l’intensification de la concurrence et la difficulté du contexte économique. «Nous contrôlons aujourd’hui plus de 30% du marché des risques techniques, notamment les contrats de grands ouvrages et installations. Notre expertise est prouvée dans ce segment de marché», confie Abdelmajid Tamim, directeur général délégué en charge des assurances des entreprises. Par exemple, Wafa Assurance est présent dans les 2/3 de l’ensemble des projets éoliens annoncés dans le pays.

En parallèle à la hausse des primes émises, les charges ont été bien maîtrisées. En effet, la sinistralité a régressé de 1,7 point, à 59% contre 60,6% un an auparavant. Les charges de sinistres étant relativement stables (1,77 milliard de DH) pour un chiffre d’affaires en hausse de 4,8%. De plus, les frais de gestion des contrats ont été bien tenus. Mieux, les frais d’acquisition et les taux de commissionnement se sont inscrits en baisse, notamment pour la branche Vie, et ce, en raison du mix-produits plus adapté.

Cela dit, le résultat financier est contrasté dans les deux branches. Dans la Vie, il s’inscrit en forte progression sous l’effet de la reprise du marché actions (+5,6% pour le Masi en 2014). Tandis qu’il fond de 132 MDH dans la Non-vie. «Il s’agit d’un choix réfléchi pour préserver les plus-values latentes», explique M. Benjelloun. Par conséquent, le résultat technique Non-vie recule de 20%, tandis qu’il s’améliore de 34% dans l’activité Vie.

S’ensuit un résultat net de 839 MDH, en hausse de 7,6% par rapport à 2013. Ainsi, les fonds propres de Wafa Assurance se renforcent de 11,9% pour atteindre 4,9 milliards de DH, avec une rentabilité des capitaux propres soutenue en 2014, reflétée par un ROE de 20,5%.

Selon le management de Wafa Assurance, le Conseil d’administration a décidé de proposer à l’assemblée générale la distribution d’un dividende ordinaire de 97 DH par action auquel s’ajoutera un dividende exceptionnel de 142 dirhams par action que Ali Harraj, président directeur général fraîchement coopté, qualifie de tout à fait normal au vu des bons fondamentaux de sa compagnie.

L’introduction du plafond de déductibilité à l’IR n’aura pas d’effet sur l’activité Epargne

Sur le volet des perspectives pour 2015, les nouvelles dispositions relatives aux contrats d’assurance-retraite adoptées dans le cadre de la Loi de finances 2015 n’auront pas un grand effet sur le marché, selon les directeurs de Wafa Assurance. «La révision du plafond de déductibilité à l’IR de 6 à 10% relatif aux revenus globaux est de nature à développer le segment des indépendants et des professions libérales qui restent très peu consommateurs de produits d’assurance-vie. Toutefois, l’introduction du plafond de déductibilité à l’IR des cotisations à hauteur de 50% du salaire net imposable n’aura aucun effet sur le secteur vu qu’ils sont très rares les salariés qui épargnent plus de la moitié de leur salaires», anticipe Slimane Echchihab, directeur général délégué en charge du commercial particuliers & professionnels. Selon des chiffres de la FMSAR, plus de 80% des salariés consacrent moins de 40% de leurs salaires à des produits d’assurance-retraite.

Par ailleurs, les spécialistes de Wafa Assurance estiment que les compagnies vont réagir progressivement à la baisse historique des rendements des bons du Trésor (-2,2 points sur la maturité 10 ans et -1,8 point sur la maturité 15 ans). «Comme c’était le cas sur le marché français, les taux servis à la clientèle dans le cadre de contrats d’épargne ne vont pas subir de baisse immédiate, mais vont être adaptés sur la durée», nuance M. Echchihab .