Volaille : une offre abondante et des prix relativement stables

La production a bien repris après l’épisode du virus H9N2 qui a eu un impact négatif sur l’exercice 2016. Une étude vient d’être finalisée pour développer l’export vers l’Afrique subsaharienne.

Contrairement à d’autres produits alimentaires dont les prix flambent à l’occasion de Ramadan, ceux des produits avicoles sont stables. Sur la plateforme en ligne «Asaar» relevant du ministère de l’agriculture, le poulet de chair vif se vendait en gros de 11,50 DH à 13DH, pendant la journée du 13 juin, dans les grandes villes du Royaume. Le prix de gros des œufs de calibre moyen se situait le même jour dans une fourchette de 0,75 DH à 0,88 DH. Chez les détaillants du marché de Benjdia à Casablanca, les prix sont au même niveau qu’avant Ramadan et se présentent pour les viandes de volaille comme suit : 15 DH le kg pour le poulet standard et croisé, 65DH le kg pour le beldi, 14 DH le kg pour le coquelet et enfin 40 DH le kg pour la dinde. Pareil pour les œufs standard de calibre moyen qui demeurent vendus à 1 DH l’unité et pour les œufs beldi de même calibre cédés à 2DH l’unité.

«Le marché connaît une surproduction du fait de la reprise de la production après l’épisode du virus H9N2 qui a impacté l’exercice 2016. Sur le marché des viandes de volaille, la demande se tasse comme chaque Ramadan», explique Chaouki Jerrari, directeur général de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole.

En effet, un nombre important de rôtisseries et de restaurants baissent le rideau durant Ramadan, tandis que chez le consommateur final, d’autres concurrents des viandes de volailles – à l’instar du poisson – s’invitent dans les assiettes des jeûneurs. Pour l’œuf, les marges sont réduites compte tenu de l’abondance de l’offre, même s’il est un des produits vedettes durant le mois sacré.

Les objectifs de production du contrat programme 2011-2020 sont dépassés

Cette situation de surproduction pousse la profession à développer l’export. «Une étude portant sur trois marchés subsahariens – Togo, Burkina Faso et Mali – vient d’être finalisée et devrait faire avancer le chantier de l’internationalisation de la filière», annonce le DG de la FISA. «C’est le volet logistique qui est un vrai casse-tête. Il nécessite de longues négociations avec les opérateurs du fret aérien, alors que les conditions imposées par la réglementation sont surmontables», ajoute-t-il.

Dopée par le Plan Maroc Vert, l’aviculture a, pour rappel, dépassé les objectifs en termes d’augmentation des productions, d’accessibilité des produits avicoles et de baisse des prix à la consommation fixés par les contrats programmes signés par l’Etat et la FISA.

Pour le premier qui portait sur la période 2009-2013 les engagements ont été honorés trois ans avant l’échéance. En termes de production, les objectifs du second contrat programme qui court de 2011 à 2020 sont dépassés. «En 2015, à mi-chemin de la durée du contrat programme, on était déjà à 73% par rapport à l’objectif 2020, avec 660000 tonnes», avait déclaré le directeur de la FISA dans les colonnes de notre Spécial Siam 2017.

Rappelons enfin que le contrat-programme de l’agro-industrie – dont la FISA est une des professions signataires – donnera un autre coup d’accélérateur à ce secteur. Ce dernier est doté d’une enveloppe de 12 milliards de DH dont 4 milliards de fonds privés.

Selon la FISA, les investissements cumulés ont atteint pas moins de 11,3 milliards de DH à fin 2016. Le chiffre d’affaires s’élève à 29,1 milliards de DH en 2016. La secteur génère 120 000 emplois directs et 280 000 indirects. Durant la même année, il avait produit : – 470 000 tonnes de viandes de poulet de chair ; – 90 000 tonnes de viandes de dinde ; – 400 millions de poussins type chair ; – 8,37 millions de dindonneaux locaux ; – 3 831 dindonneaux importés ; – 14 millions de poussins type ponte ; – 4,1 milliards d’œufs de consommation ; – 3,75 millions de tonnes d’aliments composés pour volailles.