Volaille, le marché s’installe dans la déprime

Le kilo de poulet départ ferme a entamé le mois entre 7 DH et 6,50 DH.
Les prix ont baissé de moitié par rapport à 2004.

A fin mars, le pays était toujours épargné par la grippe aviaire. La structure de veille indique que plus de 1 500 oiseaux ont été analysés, mais qu’aucune présence du H5N1 n’a été décelée. Pour autant, la vigilance est toujours de mise et des contrôles systématiques effectués chaque fois que des volatiles morts sont signalés. Mais tout cela ne semble pas rassurer le consommateur. Du coup, le marché de la volaille s’est enfoncé dans une profonde déprime, qu’il s’agisse des points de vente habituels ou des rayons des supermarchés.

La FISA (Fédération interprofessionnelle du secteur avicole) continue de déplorer la conjoncture qui affecte les différentes filières. Les chiffres sont parlants : au départ des fermes (le prix se détermine dans les marchés des grandes villes et il est majoré de 0,50 à 1 DH pour le reste du pays), le kilo de poulet de chair a progressivement chuté au début du mois. Il est passé de 7 DH le premier du mois à 6,50 DH le 3, après avoir été négocié à 6,75 DH le 2.
Cette trajectoire avait commencé à se dessiner dès le début de l’année. Le prix était alors de 9,36 DH en janvier, avant de tomber à 7,48 et 6,81 DH, respectivement en février et mars. On est loin des moyennes de 2004 (11,2 DH) et 9,64 en 2005.

Pour les œufs, la baisse du prix est de l’ordre de 10 à 15 centimes la pièce
Autre exemple : les œufs, qui se vendent à 0,40 DH pièce durant ces premiers jours d’avril, étaient proposés entre 0,58 et 0,48 DH en janvier et février. Bien entendu, les incertitudes se sont répercutées sur l’alimentation ou encore le marché des poussins d’un jour et l’élevage des poules pondeuses.

Par ailleurs, la FISA vient de commanditer une enquête de consommation pour déterminer l’étendue de la psychose de la grippe aviaire, notamment en ce qui concerne les changements d’habitudes du consommateur et l’impact précis selon les régions et les marchés. Le document serait finalisé à la fin du mois en cours.

Il est possible que la psychose soit, à moyen ou long terme, à l’origine d’une modification de la physionomie du secteur. Pour le moment, le pays compte, en gros, 40 usines de fabrication d’aliments composés, 42 couvoirs, 800 élevages, 500 élevages de poules pondeuses, 18 abattoirs industriels avicoles agréés. Le secteur dans sa globalité emploie 66 000 personnes directement et 170 000 de manière indirecte. Le chiffre d’affaires est estimé à près de 13 milliards de DH. Les besoins de consommation en viande au Maroc sont pourvus à hauteur de 52 % par les viandes de volaille.