Voitures haut de gamme : le marché ne s’essouffle pas

Leurs ventes ont progressé de 7% entre janvier et février.
Des réductions de prix allant jusqu’à  100 000 DH dopent le marché.
Les clients attendent encore la répercussion des droits de douane sur les prix de vente.

En dépit de la crise, les marques automobile haut de gamme essaient de résister tant bien que mal. Il est vrai que les concessionnaires en placent moins qu’en 2007, mais sur les deux premiers mois de l’année, les transactions ont progressé beaucoup plus rapidement  par rapport à la moyenne du segment des véhicules de tourisme importés. En février, 275 voitures ont été vendues sur cette niche contre 256 un mois plus tôt. Précisons que le choix –volontaire- s’est porté sur les véhicules vendus à plus de 500 000 DH. Jaguar a cessé de communiquer ses ventes, mais Jean-Louis Paccanari, general manager de la société, revendique la vente de 200 Jaguar l’année passée. Les chiffres relatifs à Lexus ne sont également pas publiés. Il semble que Toyota Maroc qui la distribue préfère se concentrer sur le développement de modèles qui réalisent des volumes de ventes plus importants.
Cela étant, la domination des marques allemandes est totale et sans partage. Evidemment, toutes les deux marques-phare ne sont pas logées à la même enseigne. Ainsi, les ventes de Mercedes sont restées stables. Leur importateur Auto Nejma Maroc a vendu 42 véhicules en janvier et 41 en février.
Les commerciaux constatent encore de l’attentisme de la part  des clients, même si les offres promotionnelles sont très alléchantes. Un exemple significatif : l’importateur affiche des remises allant jusqu’à 100 000 DH et on a eu la surprise de se voir proposer une Mercedes Classe E à 453 000 DH. Le modèle est depuis épuisé, mais ce sont les classes C, autrement appelées « Baby Benz », qui continuent de tirer les ventes de la marque- phare. En effet, 28 de ces voitures ont été vendues en février sur le segment des «moyennes», c’est-à-dire celui des voitures disposant de quatre portes et d’un coffre, contre 19 en janvier.
L’autre marque symbolique, BMW, reprend du poil de la bête. Ainsi, si, en janvier, elle avait concédé une baisse des ventes de près de 30 % par rapport à la même période de l’année passée, la situation se rétablit progressivement. En effet, 45 véhicules ont été commercialisés en février au lieu de 22 au titre du premier mois. «Ces résultats ne sont pas significatifs», explique Aziz Rochdi, directeur commercial de la marque. Pour lui, janvier 2009 a été exceptionnel et ce ne sera qu’à la fin du premier semestre qu’on pourra avoir une idée claire du marché. Quand on rentre dans les détails, ce sont les 4×4 qui continuent de tracter les ventes de la marque allemande. Ainsi 13  BMW des modèles X3 et X5 ont été commercialisées en février contre 13 en janvier. 

Les marges laminées par la guerre des prix
L’Audi suit également une bonne trajectoire. Elle ne cesse de gagner du terrain et ne semble pas affectée outre mesure par la crise. Il faut dire que la marque avait anticipé sur la bataille des prix et enchaîné promotion sur promotion. Dès lors, elle s’en sort plutôt bien avec quelque 36 voitures de plus de 500 000 DH vendues en début d’année et 51 en février. L’Audi A4 est la star de la marque : 18 unités ont trouvé preneur le premier mois de l’année et 23 le deuxième mois.
Cependant, mars devait être moins animé pour Audi, puisque les autres importateurs ont commencé à s’aligner en termes de prix dans l’objectif de liquider leurs stocks pour ne continuer à fonctionner qu’en «flux tendu», c’est-à-dire n’importer qu’en fonction des commandes enregistrées.
Quoi qu’il en soit, le détenteur de la carte, la Compagnie automobile chérifienne (CAC), dispose, dans son portefeuille, d’une autre marque qui peut lui permettre de réaliser des volumes de ventes importants : Volkswagen. Le problème est que le début de l’année est relativement atone. Les ventes des modèles à plus de 500 000 DH de cette marque ont légèrement régressé, passant de 156 à 138 unités, d’un mois à l’autre. Aussi bien la Volkswagen Passat, vendue à 82 et 72 exemplaires respectivement en janvier et en février, que le Touareg (74 et 66 unités vendues) marquent le pas. La finition Baroudeur qui, il n’y a pas si longtemps, tirait largement les ventes s’est essoufflée. Seulement 46 unités ont été acquises en février contre 55 en janvier.
Tout semble indiquer que les clients attendent la répercussion de la baisse des droits de douane sur les prix de vente. En attendant, beaucoup ont déjà tiré profit de la guerre des prix qui a laminé les marges et de divers autres avantages offerts pour l’achat d’un véhicule.