Voitures de luxe : 1 184 unités à  plus de 600 000 DH chacune vendues en sept mois !

Dix marques se disputent une clientèle qui n’hésite plus à  exposer sa richesse n Plus de 100 voitures à  plus de 1 MDH et 23 à  plus de 1,4 MDH ont été écoulées.
11 Porsche Panamera et 154 Range Rover ont trouvé preneur.

Etonnant ! Alors que le secteur de l’automobile traverse des moments difficiles depuis 2009, le segment des voitures de luxe est en pleine croissance. Les routières, comme les 4×4 et les berlines de prestige dont le prix dépasse les 600 000 DH l’unité se vendent de mieux en mieux. Mieux, selon les concessionnaires, le marché des voiture de luxe affiche une hausse perceptibe depuis 2008, autrement dit depuis l’annonce de la crise. Durant les sept premiers mois de l’année en cours, 1 184 voitures ont trouvé preneur. Ces voitures prestigieuses représentent désormais près de 4% du marché des voitures particulières importées neuves. Un record !

Audi, BMW, Mercedes et Porsche : les allemandes dominent le marché

Dans ce segment des voitures à plus de 600 000 DH, Audi a réalisé une progression de 19% à fin juillet, BMW de 40% et Mercedes de 35%. Quant à Jaguar, la prestigieuse marque a fait une percée remarquable avec une hausse de 178%, à 139 unités, et Volvo continue d’améliorer ses performances en réalisant une hausse de 6% après une progression de 300% en 2009.
Ils sont en fait une dizaine de marques qui se livrent une rude concurrence sur ce segment en pleine expansion. Grâce à Audi et Porsche, la Centrale automobile chérifienne (CAC) domine ce marché avec 341 voitures de plus de 600 000 DH vendues à fin juillet, soit près de 28% de parts de marché. Le concessionnaire des deux marques allemandes doit une telle performance à plusieurs modèles : côté Audi, ce sont les Q5 et A5 dont il a vendu respectivement 147 et 66 unités (à plus de 600 000 DH s’entend) qui ont fait son succès. Le prix d’un Q5 selon les versions varie de 490 000 DH et 670 000 DH. Quant au A5, il coûte entre 560 000 et 860 000 DH. Mais ces prix n’ont pas découragé les clients. «Le lancement durant le premier trimestre 2010 de la nouvelle version du 4×4 Q5 a fait progresser les ventes», se réjouit Mehdi Tak Tak, directeur général adjoint de la CAC. La nouvelle version coupé de la berline A5 a eu également du succès, «en particulier auprès des femmes», précise M. Tak Tak. Les Audi Q7 et A6, elles, se sont vendues respectivement à 51 et 31 unités.
Pour cette catégorie de clients, le prix n’est pas un facteur décisif dans l’acte d’achat. La preuve : des marques comme la Porsche enregistrent des records de vente ces dernières années. La CAC en a vendu à fin juillet une quarantaine dont le prix dépasse largement les 600 000 DH par véhicule. Un peu plus de la moitié a été commercialisé à plus de 1 MDH l’unité. Parmi ces  voitures chères, on trouve 11 Porsche Panamera qui coûtent 1,45 million de DH chacune. Le 4×4 Cayenne a eu également un franc succès depuis le lancement de la version diesel. Résultat : le concessionnaire avait eu du mal à satisfaire la demande.
Auto Nejma et Smeia, deux autres grands concurrents sur ce segment, ont également tiré profit de cette conjoncture. Le premier, qui commercialise la marque Mercedes, a vendu quelque 232 voitures. La classe E dont le prix varie de 488 000 à 610 000 est à l’origine de cette performance avec 128 unités dont le prix dépasse les 600 000 DH. Mais le concessionnaire a également réalisé une très bonne performance avec la classe S. Il a vendu 59 unités de cette berline de luxe dont le prix varie de 986 000 à 1,3 MDH.
Son concurrent traditionnel, BMW, représenté par Smeia, n’est pas en reste avec 179 unités (à plus de 600 00 DH) vendues dont 30 au prix de plus de 1 MDH, le concessionnaire  renforce sa position sur ce segment grâce en particulier au X5 dont le prix varie de 716 000 à 1,47 MDH. Le groupe a vendu 52 unités de 4×4.
Ses ventes ont été consolidées par celles d’un autre 4X4, le X6, un crossover aux allures de 4×4 coupé. Avec un prix oscillant entre 830 000 et 1,5 MDH, ce modèle a pourtant attiré 37 clients. Un acheteur a même déboursé 1,5 MDH pour la version 4,4 litres (555 chevaux). Il n’en demeure pas moins que les modèles traditionnels de cette marque, les séries 5 et 7, continuent de séduire des clients. Le groupe en a vendu respectivement 47 et 30 unités. La majorité des voitures de la série 7 ont été commercialisées à plus de 1 MDH dont 3 à plus de 1,4 MDH.

L’effet LLD dope le marché des véhicules de fonction

Au total, une centaine de voitures dont le prix dépasse 1 MDH a été écoulée à fin juillet. Mieux, les concessionnaires ont vendu quelque 23 unités à plus de 1,4 MDH. «C’est l’effet de nouveauté qui attire le plus ces consommateurs prêts à payer le prix fort pour avoir un produit neuf et original», souligne Aziz Rochdi, directeur commercial BMW et Mini à Smeia. L’effet de mimétisme joue également. L’apparition du Souverain à bord d’un luxueux 4×4 Range Rover Sport ces dernières années a fait grimper les ventes du modèle : 154 unités ont été écoulées en sept mois !
Cette augmentation sensible de ventes de voitures luxueuses témoigne par ailleurs d’un changement important au niveau des habitudes de consommation. Comme l’observe le directeur commercial d’un concessionnaire de voitures en fonction depuis 15 ans : «Avant, on évitait d’afficher les signes de richesse, mais aujourd’hui on assiste à l’émergence d’une nouvelle génération qui veut se faire plaisir et n’a pas honte de se montrer». Les consommateurs qui se ruent sur ces produits de luxe ne sont pas seulement des riches ou des notables. Comme le précise ce directeur commercial, «pas mal de hauts cadres des grandes entreprises figurent parmi nos clients». Sans compter que les sociétés ont tendance à allouer des budgets consistants pour l’achat ou la location longue durée (de plus en plus prisée) de voitures de luxe à leurs dirigeants.