Voies express Au Maroc : Des travaux sur près de 300 km

3,26 milliards de DH seront investis en 2016 pour la réalisation de 300 km de voies express.

Construire une autoroute étant particulièrement coûteux, les pouvoirs publics font clairement aujourd’hui des voies express une alternative pour renforcer l’infrastructure routière du Royaume sans se ruiner. Le programme des voies express constitue en effet l’un des projets structurants à forte valeur ajoutée économique et sociale. Selon l’Exécutif, le développement des voies express permet à la fois d’accompagner le développement économique des régions, d’adapter le réseau à la progression du trafic et de participer à l’aménagement de l’espace, ainsi que de réduire les temps de parcours et d’améliorer les niveaux de service et de la sécurité routière. Ce chantier, qui a été initié depuis les années 90, est réalisé parallèlement au programme autoroutier qui a connu une véritable accélération ces dernières années. L’objectif, selon les pouvoirs publics, est la réalisation de 600 Km au cours de la période 2012-2016, pour porter le réseau total des voies express au Maroc à 1 300 Km. En d’autres termes, le Maroc veut réaliser en cinq exercices autant que ce qu’il a réalisé en 20 ans. «Actuellement, 841 km de voies express sont en service et les travaux sont en cours sur 316 km», peut-on lire dans la note de présentation du projet de Loi de finances 2016. A cela, il faut bien entendu rajouter le projet de voie express reliant Tiznit à Dakhla sur plus de 1 050 km et qui a été annoncé dans le cadre du plan de développement des régions Sud. En tout, ce chantier va mobiliser une enveloppe budgétaire de 8,5 milliards de DH. Lors de la présentation de ce projet devant le Souverain le 7 novembre dernier, Aziz Rebbah, ministre de l’équipement, du transport et de la logistique, a expliqué que cette voie express a pour objectif de réduire la durée des déplacements, éviter les coupures de routes suite aux inondations et à l’ensablement, baisser les charges d’exploitation des véhicules et améliorer les services de logistique au profit des voyageurs et en termes de transport de marchandises. Il a ajouté que le développement de cet axe routier, qui constituera un levier important pour l’investissement public et privé, impactera positivement et directement une population de plus de 2,2 millions d’habitants, répartie sur 10 provinces de plus de 420 000 km2. Il contribuera ainsi au développement socioéconomique des régions de Souss-Massa, Guelmim-Oued Noun, Laâyoune-Sakia El Hamra, et Dakhla-Oued Eddahab.

En attendant la concrétisation de ce projet, il y a lieu de souligner qu’en 2015 les travaux de voies express ont concerné près de 300 km dans les différentes régions du Royaume pour un investissement global de 3,26 milliards de DH. Le rythme sera maintenu durant l’année prochaine avec des travaux au niveau de plusieurs axes stratégiques. Le premier est celui reliant Larache à Ksar Lekbir. Un nouveau tronçon de cet axe devrait en effet connaître des travaux de dédoublement de la voie. Ils concerneront un linéaire de 13 Km. Dans l’oriental, les pouvoirs publics ont programmé la dernière tranche de la voie reliant Al Hoceima à Taza. Les travaux qui seront lancés en 2016 concerneront le tronçon reliant Nkour à Casita d’un linéaire de 18 Km. Ce projet, dont l’investissement global serait de plus de 3 milliards de DH, sera achevé en 2017.

Comme l’avait expliqué auparavant le ministre de l’équipement au Parlement, plusieurs obstacles ont affecté la réalisation de ce projet, notamment la nature glissante du sol, les reliefs abrupts de la région, les fortes précipitations ou encore les réseaux d’eau potable, d’électricité et des télécommunications qui devaient être déplacés. Aujourd’hui, les obstacles seraient dépassés et le rythme de réalisation des travaux s’est amélioré.

Un autre chantier stratégique pour la région de l’Oriental devrait entamer une nouvelle phase de son développement en 2016. Il s’agit de la voie express reliant Selouane à Ahfir. Le ministère de l’équipement devrait en effet se consacrer l’année prochaine à la réalisation du contournement de la ville de Berkane, un des tronçons importants dans le cadre de ce chantier. En tout, les travaux concerneront 18 Km. Une fois achevés, ils permettront d’importants gains de temps pour les transports en évitant aux usagers de la route de traverser la ville de Berkane.

Par ailleurs, et dans le cadre de l’amélioration des conditions de circulation sur la route nationale n°9 desservant Ouarzazate, un projet de dédoublement de la voie est prévu pour le tronçon reliant cette ville au carrefour des routes nationales (RN) 9 et 10. Rappelons à ce titre que dans le cadre des initiatives prises par les pouvoirs publics pour réduire l’ampleur des accidents que connaît cette zone, un important dispositif d’amélioration de l’infrastructure routière desservant Ouarzazate est déployé. La voie express entre la ville et ce carrefour en fait pleinement partie.

A ces chantiers devront s’ajouter d’autres reliant Kénitra à Sidi Yahya (9 Km) et Sidi Bouzid au port de Jorf Lasfar (12 Km).

Sur un autre registre, il n’est pas exclut que les pouvoirs publics annoncent de nouveaux projets de voies express l’année prochaine, et ce, en marge de la confirmation des projets de zones logistiques dans différentes régions. En effet, le ministère de l’équipement étudie depuis 2014 la possibilité de relier toutes les zones logistiques prévues dans le cadre de la stratégie nationale pour le développement de la logistique avec des zones industrielles intégrées. Une première initiative est en train de se concrétiser à Casablanca avec la desserte de la zone de Zénata, tandis que d’autres projets pourraient être dévoilés dans les douze mois à venir.