Vêtements de travail et de protection : l’activité est bien orientée

Plusieurs industriels rapportent des évolutions de leur chiffre d’affaires comprises entre 10 et 40% en 2013. L’impératif de conformité aux normes de certification pour les prestataires de grands groupes ont aidé à  développer le business.
Le marché compte 30 à  40 opérateurs qui produisent localement les vêtements de travail et importent les autres équipements de sécurité individuelle.

Les industriels des vêtements de travail et équipements de protection individuelle s’en sortent plutôt bien. Selon plusieurs d’entre eux, l’activité est bien orientée.

A l’image d’Atlas Safety Products dont le responsable rapporte une hausse de l’activité de 30 à 35% entre 2012 et 2013. «Notre courant d’affaires est positivement impacté par l’essor des zones franches et des P2I dont les occupants s’approvisionnent directement chez nous pour garantir la sécurité de leurs employés.

Aussi, les impératifs de certification ISO des process pour les grandes structures (type OCP, ONEE…) les poussent à obliger les unités auxquelles ils sous-traitent d’observer les normes de sécurité sur leurs sites, contribuant ainsi au développement de notre business», explique Driss Daamouch, DG de la société spécialisée dans les équipements de protection individuels.

Même son de cloche chez Mounia Top. «Nous avons enregistré une évolution de 30 à 40% de notre chiffre d’affaires entre 2012 et 2013. Vu que notre production est écoulée sur le marché local, nous n’avons pas de problème», rapporte une responsable commerciale de la société.

De son côté, Rachida Nasri, DG de BestDecor, affirme que le business est bien là malgré la conjoncture hostile. «Nous ne nous plaignons pas. Notre activité a enregistré une légère progression de 8% entre 2012 et 2013 et nous visons une croissance plus importante au titre de 2014 au vu des marchés décrochés», concède-t-elle.

Les petites structures ne profitent pas de l’évolution favorable de la demande

Naturellement, tous les avis ne convergent pas. D’autres industriels, moins nombreux, voient leur niveau d’activité fondre, notamment les petites structures et celles qui fournissent les entreprises du privé.

«En 2013, notre chiffre d’affaires a accusé une baisse de 35%, essentiellement en raison des économies réalisées par nos clients du privé sur le budget consacré aux vêtements de travail et de protection individuelle», rapporte Mehdi Marrakchi, associé à M&M industrie.

Il fait état des difficultés que rencontrent les petites unités du secteur à décrocher des marchés vu les conditions de plus en plus rédhibitoires appliquées lors des appels d’offres. «Cette situation a même poussé des sociétés à mettre la clé sous le paillasson dernièrement», se désole la directrice de Best Décor.

Aujourd’hui, le marché est composé de 30 à 40 opérateurs, dont plus de 90% sont établis à Casablanca. Ces industriels fabriquent et importent des uniformes, combinaisons, jackets, imperméables, casques, gants, chaussures de sécurité et masques respiratoires contre tous les types de gaz.

Ils fournissent également des vêtements techniques contre les produits chimiques, des vêtements anti-chaleur/anti-froid et des gilets de signalisation. Selon les opérateurs du marché, les vêtements sont fabriqués localement avec un tissu importé généralement de Turquie, de Chine, du Portugal et d’Italie. Tandis que 95% des équipements de protection individuelle sont directement importés.

S’agissant des débouchés, toutes les industries s’approvisionnent chez les opérateurs du marché. Les clients les plus importants sont ceux dont les employés sont amenés à manipuler des substances dangereuses. Le secteur de la sécurité et du gardiennage vient en deuxième position. Et plus récemment les métiers de la sous-traitance industrielle (aéronautique, automobile…) sont devenus de gros débouchés.