Ventes record des semences de céréales et d’engrais

Meilleure organisation de la Sonacos, augmentation de la subvention étatique et bonne pluviométrie ont permis une diffusion plus large des produits.
Au 12 janvier, les hausses atteignent jusqu’à  57% par rapport à  la saison précédente.

Il fallait s’y attendre. Après les dernières pluies, les agriculteurs se sont rués sur les semences et les engrais durant l’actuelle campagne. Au 12 janvier, selon les chiffres de la Société nationale de commercialisation de semences (Sonacos), les records de vente ont été battus. Pour les céréales, le volume de commercialisation a atteint le chiffre jamais égalé de 1,08 million de quintaux, ce qui constitue une hausse de 57% par rapport à la campagne précédente, à la même date. Pour la betterave sucrière, l’accroissement constaté est de 21% (4 383 quintaux de polygermes et 36 564 unités de monogermes).
Les ventes de plants de pomme de terre ont également explosé. Elles portent sur 2 500 tonnes contre 224 tonnes l’année dernière. Dans le même temps, les engrais ont enregistré un accroissement plus qu’appréciable puisque le bond est de 26%, à 280 190 quintaux.
Pour les semences de céréales, les écarts par rapport à la précédente campagne sont également importants. En septembre 2009, 114 000 q avaient été commercialisés contre à peine 6 000 q la précédente campagne. En décembre, ce sont 221 000 q qui étaient écoulés contre 38 000 en décembre 2008.

La Sonacos s’engage à sécuriser l’approvisionnement

Que s’est-il donc passé d’exceptionnel puisque la saison 2008-2009, bien que tout aussi pluvieuse, a enregistré des performances moindres ? Karim Rharrit, président du directoire de la Sonacos, s’en explique : «Il y a eu une conjonction de plusieurs éléments. D’abord une meilleure organisation de la Sonacos qui a étendu sa présence en ajoutant plus de 150 points de vente, soit une extension de 42%. Et si la communication a joué un rôle, il ne faut pas oublier, non plus, que l’Etat a fait un effort supplémentaire en portant la subvention à 150 DH/q au lieu de 130 DH pour les semences de blé tendre et à 135 DH pour le blé dur et l’orge. Et puis, bien sûr, que les pluies du mois de décembre bien que tardives ont convaincu les retardataires à se rattraper».
Cela dit, explique-t-on à la Sonacos, il faut encourager le plus possible de nouveaux réflexes chez les agriculteurs de manière à ce qu’ils s’approvisionnent en semences et engrais avant la mi-novembre. Ce faisant, ils sont assurés de trouver les profils variétaux les plus recherchés et peuvent espérer des rendements meilleurs grâce à un semi précoce.
Pour sa part, la Sonacos s’engage à la sécurisation de l’approvisionnement en semences et en engrais en constituant des stocks tout en s’appuyant sur la diversification pour améliorer les niveaux d’utilisation et d’efficacité de tous les intrants.
Karim Rharrit explique, par la même occasion, que les progrès réalisés dans l’utilisation des semences et des engrais ne vont que s’affirmer et s’accélérer dans la perspective de l’ambitieux programme du Maroc vert et son fer de lance qui est l’agrégation.