Véhicules utilitaires légers : le fourgon prend des parts de marché au pick-up

Les immatriculations de fourgons devraient augmenter de 15% en 2016. Les ventes totales du segment ont chuté de plus de 10% en 2015 et d’environ 15% en janvier. Le pick-up, locomotive du marché, est desservi par les capacités limitées de sa charge utile.

la différence des véhicules particuliers qui renouent avec la croissance, le segment du véhicule utilitaire léger peine à remonter la pente. Après avoir terminé l’année 2015 sur une baisse de plus de 10%, les ventes ont encore décroché d’environ 15% en janvier. Selon les chiffres de l’Association des importateurs de véhicules au Maroc (AIVAM), pas plus de 763 unités ont été commercialisées contre 895 au même mois de 2014. Le segment continue de subir les effets du ralentissement de l’activité économique qui pousse les entreprises, principal demandeur de l’utilitaire léger, à reporter leurs décisions d’investissement dans les flottes ou à les annuler carrément. De plus, l’activité du segment reste aussi impactée par la difficulté de l’accès au financement avec des procédures de plus en plus verrouillées de la part des banques et des sociétés de crédit-bail.

Les ventes de pick-up ont décroché de 17% en janvier

A voir de plus près les chiffres, l’on s’aperçoit que c’est le pick-up qui tire le marché vers le bas. Après trois ans de baisse, ses ventes ont terminé le mois de janvier avec 303 unités, en décrochage de 17%.

En plus des facteurs conjoncturels, les professionnels présents sur ce segment expliquent que le pick-up reste très défavorisé par le niveau de sa charge utile limitée à une tonne pour les plus grands modèles de cette catégorie. «Auparavant, les entreprises se permettaient de charger 1,5, voire 2 tonnes sur ces véhicules, mais avec le durcissement des contrôles, la majorité commence à se conformer aux normes», explique le responsable VUL d’une grande concession.

Résultat : les opérateurs qui décident d’investir dans le parc optent de plus en plus pour le fourgon (VAN). «Ce sont surtout les entreprises opérant dans le transport (touristique, de personnel et scolaire), la distribution et la logistique qui dynamisent l’activité des VAN», constate le directeur commercial d’une enseigne de la place. Ce sous-segment récupère ainsi une partie des ventes du pick-up. A fin janvier, les immatriculations de fourgons se sont inscrites en hausse de 5% par rapport au même mois de 2014. A en croire les projections de l’Aivam, ce compartiment du marché devrait continuer à surfer sur cette vague. Les professionnels pensent finir l’année avec 4 900 à 5 000 fourgons vendus, soit 15% de croissance par rapport à 2014.

A l’opposé, le pick-up n’est pas près de sortir la tête de l’eau. Son activité devra stagner, voire afficher un léger retrait en 2016. «L’effet de la conjoncture délicate que traversent les secteurs du BTP et de l’immobilier va être aggravé par les retombées d’une campagne agricole qui s’annonce très moyenne, sachant qu’une bonne partie de la clientèle des pick-up est constituée d’agriculteurs», explique le directeur commercial.