Véhicules d’entreprise : l’externalisation se banalise et la LLD monte en puissance

75 % des grandes entreprises ont opté pour la location longue durée

La flotte professionnelle moyenne est de 125 véhicules à Casablanca et 5 dans les autres villes

La location permet de réaliser une économie de 40 000 DH sur 4 ans par rapport au leasing.

Si les ventes automobiles ont explosé ces dernières années, essentiellement pour les particuliers, les entreprises ne sont pas en reste. Voitures de direction, de fonction pour la force de vente ou encore pour les coursiers sont le nouveau créneau que lorgnent les importateurs de véhicules.

Sur un parc national d’un million d’unités, hors poids lourds, les véhicules à usage professionnel comptent pour 9 %, soit 90000 unités. Selon une étude de l’Association nationale des loueurs de longue durée (Analog) réalisée en 2005, un peu plus de la moitié est propriété de l’Etat, les entreprises en possèdent directement près de 16 000 et le reste, 27 850, est loué tant en courtes qu’en longues périodes. Cette dernière option, connue sous l’abréviation LLD, est en forte progression. Selon Khalid Kabbaj, patron de Wafa LLD et président de l’association, le parc des loueurs longue durée totalisait 16 000 véhicules en 2007. Il devrait monter à 18 000 en 2009 et dépasser les 20 000 véhicules en 2010.

Les entreprises optent de plus en plus pour la location car rares sont celles qui peuvent gérer une flotte de véhicules, la tendance étant à l’externalisation des activités annexes pour se concentrer sur les métiers de base. Ainsi, au lieu de constituer un important parc dont l’entretien aurait nécessité la création d’une filiale à part entière, Maroc Telecom, un des plus gros clients de la place, choisit de louer 1 500 véhicules, notamment chez Wafa LLD. Il s’agit là d’un marché exceptionnel comparé à la taille moyenne de la flotte professionnelle au Maroc qui est de 125 véhicules à Casablanca et 5 dans le reste du pays.

La composition est très diversifiée selon les entreprises. «Les parcs comprennent aussi bien des berlines pour la direction que des véhicules de tourisme de petit gabarit, des véhicules utilitaires légers ou encore des petits et gros camions», explique un spécialiste du secteur. Cela dit, ce sont les véhicules utilitaires légers (VUL) qui dominent avec près de 60% des flottes. Le reste se compose de voitures de tourisme transportant 9 personnes au maximum et de camions allant jusqu’à 3,5 tonnes. Au total, «75% des grandes entreprises ont opté pour la LLD, la proportion de PME est plus modeste», note M. Kabbaj. D’ailleurs, si toutes les grandes entreprises n’ont pas recours à ce mode de gestion de leur parc auto, c’est en raison de l’existence d’un parc qu’il faut amortir.

En Europe, la location offre un gain de 15 % par rapport à l’achat
Si beaucoup d’entreprises préfèrent louer, c’est qu’en dehors des problèmes de gestion physique, la formule est très intéressante sur le plan financier. En Europe, la location est 15 % moins chère que l’achat, frais d’acquisition et d’usage compris. Au Maroc, les opérateurs se gardent de donner un chiffre précis. Cependant, selon Omar Filali, DG de Chaabi LLD, et pour un même véhicule, «la LLD permet une économie de 40 000 DH sur quatre années par rapport au leasing».

Pour un parc d’une centaine de voitures, le gain total est de 4 MDH. Avec une TVA de 20 % sur le leasing, la LLD a encore gagné en compétitivité par rapport à ce dernier. «L’autre avantage réside dans l’inexistence de risque sur la revente avec la LLD, alors qu’il est réel avec les formules de leasing», conclut M. Filali.

Les prix de la location ont baissé de moitié depuis 2002
Les clients peuvent forcer les loueurs à rogner encore sur les prix en raison de la concurrence. En effet, la dizaine de grands loueurs, qui sont des filiales de banques, sont en concurrence avec de petits loueurs, puisqu’ils sont régis par le même texte, le dahir du 4 avril 1970. Le marché compte actuellement 1 500 loueurs de courte et de longue durée contre 925 en 2004. «Depuis 2002, on assiste à une érosion des prix de la location qui ont baissé de près de 50 %», explique Khalid Kabbaj.

Ce phénomène, selon lui, est le résultat d’une offre supérieure à la demande. Cependant, les experts sont loin d’être inquiets : «Comme dans tout marché en phase de structuration, les petits seront amenés à disparaître». Ces petites structures, en raison de leur ancienneté sur le marché et de la nécessité de leur activité, disposent d’un garage de mécanique. Ce qui, d’après Omar Filali, n’est pas viable à terme : «On ne peut faire plusieurs métiers en même temps.

Avec un garage d’entretien, on ne peut pas avoir des relations de clients à fournisseur puisque ce dernier fait partie de l’entreprise». Raison pour laquelle, selon l’Association des loueurs de longue durée de Casablanca, les sociétés de LLD sous-traitent l’ensemble des prestations afin de se concentrer sur le service financier. Mais cela ne change pas les relations de fournisseurs à clients qu’elles ont avec les entreprises, toujours plus exigeantes quand il s’agit de faire des économies.