Variations dechange : quel impact sur les échanges extérieurs ?

Le dirham se déprécie par rapport au dollar et s’apprécie par rapport à l’euro. Avec le réaménagement du panier de cotation du dirham en avril dernier, il y aurait une neutralisation des effets de change à l’échelle macroéconomique.

L’année 2015 s’est achevée sur une nette amélioration des finances extérieures, un processus à l’œuvre depuis 2013. La balance commerciale des biens (celle des services étant structurellement excédentaire) a dégagé un déficit de 152,4 milliards de DH, en atténuation de 34,9 milliards de DH (ou 18,6%) par rapport à 2014. Ceci est le résultat à la fois de l’amélioration des exportations de biens de 6,6% (+13,3 milliards), à 214,1 milliards de DH et la baisse des importations, toujours de biens, de 21,6 milliards de DH (-5,6%), à 366,5 milliards de DH. Avec la hausse de l’excédent de la balance des services de 6%, à 62,7 milliards de DH, l’augmentation des envois des MRE de 3%, à 61,8 milliards de DH, le déficit du compte des transactions courantes a été significativement réduit à 2% du PIB au lieu de 5,7% en 2014, soit une baisse de 3,7 points de PIB.

Dans ces conditions, et compte tenu de l’augmentation du flux des investissements directs étrangers de 2,7%, à 30,7 milliards de DH, les réserves de changes se sont appréciées considérablement : +23,5%, à 224,6 milliards de DH à fin 2015.

Au-delà de l’aspect quantitatif, quel est l’impact de l’effet de change dans ces améliorations, sachant que, depuis avril dernier, et pour mieux refléter la structure des échanges extérieurs, le panier de cotation du dirham a été réaménagé dans le sens d’une augmentation de la part du dollar de 20% à 40% et de la baisse de celle de l’euro de 80% à 60% ? Certaines sources à qui La Vie éco a posé la question, avouent n’avoir pas, pour le moment, quantifié les impacts des variations de change sur les échanges extérieurs de manière générale. Dans le même temps, elles n’excluent pas que la hausse du dollar d’un côté, et la baisse de l’euro de l’autre côté se soient traduites par une sorte de neutralisation des effets de change. A l’échelle macroéconomique, cela s’entend. Car, individuellement, il est évident que les exportateurs qui facturent en euros pourraient invoquer une «perte» de compétitivité prix avec la légère appréciation du dirham par rapport à la monnaie européenne, et, inversement, l’appréciation du dollar par rapport au dirham devrait avoir profité aux exportateurs, notamment l’OCP, qui libellent leurs transactions dans cette monnaie. Seulement voilà: ces opérateurs à l’international ne sont pas que des exportateurs, souvent, ils sont aussi, dans le même temps, des importateurs de matières premières, des demi-produits, etc. Donc, là aussi, une compensation est possible entre ce qui est perdu ici et ce qui est gagné là. La remarque vaut aussi, peut-être, pour la dette extérieure. Et c’est précisément l’objectif assigné au réaménagement du panier de référence du dirham…