Vacances, le filon juteux des sociétés de crédit à  la consommation

Le majorité d’entre elles proposent aujourd’hui un crédit vacances.
Paiement différé, système de remboursement souple, tombola, bons de voyages, la grosse artillerie est déployée pour attirer les clients.

Avec un mode de vie de plus en plus stressant, se payer quelques moments de détente pour se ressourcer devient impératif. Tout le monde n’a pas les moyens de s’évader de son environnement naturel mais beaucoup n’hésitent plus à profiter des opportunités offertes par les sociétés de crédit à la consommation qui, depuis quelques années, font le forcing pendant la période estivale pour augmenter leur production. Jamais elles n’ont été aussi agressives en matière de communication que cet été. Système de remboursement souple, tombolas, bons de voyages, elles ont sorti la grosse artillerie pour aguicher la clientèle.
Chez Eqdom, on estime que la période estivale est devenue, avec la rentrée scolaire et l’Aïd Al Adha, l’un des rendez-vous incontournable du crédit à la consommation. «Depuis trois ans, le créneau du crédit vacances se confirme», précise un cadre de cette entreprise. Mais, à l’instar de la concurrence, il reste discret sur l’impact de ce produit sur l’activité. On se contentera de nous faire remarquer que les clients sont davantage intéressés par les prêts personnels directs. «Malgré de nombreuses offres montées conjointement entre les agences de voyages et les sociétés de financement, nous ne notons pas d’engouement pour ce type de promotion», confirme Mohamed Sbihi, directeur du département commercial et marketing de Salafin.
L’on comprendra que les prêts personnels sont préférés car ils permettent probablement de financer les vacances, mais également de faire face à d’autres dépenses. Par exemple, M. Sbihi considère que «la période estivale est marquée par l’augmentation de la demande de voitures ou encore de biens d’équipement comme les téléviseurs ou les climatiseurs».
Dans le même ordre d’idées, Acred a lancé une promotion en couplant le besoin de financement des vacances et de la rentrée scolaire. La promotion consiste en une offre comportant un différé de trois mois pour le paiement de la première échéance du remboursement. «Nous avons essayé de nous différencier par rapport à la concurrence en proposant à notre clientèle le démarrage des remboursements seulement après la période critique de la rentrée scolaire», explique Jacques Laguarrique, PDG de la société spécialisée dans les prêts «conventionnés» avec les sociétés.

Les emprunts servent aussi à financer d’autres besoins
Les crédits vacances s’adressent, d’après la majorité des sociétés contactées, à l’ensemble des catégories de la clientèle, à savoir les classes sociales moyennes et aisées. A titre d’exemple, pour Salafin, le cœur de cible est la famille qui dispose d’un revenu de plus de 5 000 DH, pouvant supporter une mensualité de 500 DH sur 12 mois pour le financement d’un budget vacances de
5 000 DH.
En revanche, d’autres professionnels sont sceptiques quant au développement du crédit pour le financement des vacances. C’est le cas de Bernard du Moulinet d’Hardemare, directeur général de Cetelem, qui estime que le crédit vacances contribue à surcharger le budget des ménages. Ce dernier préfère proposer les cartes de crédit revolving «qui peuvent aussi être utilisées pour des dépenses vacances», précise-t-il

Une des sociétés de la place a mis en place une offre pour financer à la fois les vacances et la rentrée scolaire.