Une zone d’activité cinématographique en projet à  Ouarzazate

L’idée est de transposer le concept du One Stop Shop adopté en Afrique du Sud et dans les pays d’Europe de l’Est. L’appel d’offres pour la réalisation du business plan est en préparation. Les producteurs étrangers auront une offre globale relative à  tous les métiers du cinéma.

Une zone d’activité dédiée à l’industrie cinématographique à Ouarzazate. C’est le projet sur lequel planche actuellement la Ouarzazate Film Commission (OFC) en partenariat avec le Centre cinématographique marocain et les autorités locales. «Le concept porte sur la mise en place d’un Village Propre, One Stop Shop, une zone d’activités industrielle, artisanale et technologique dédiée aux métiers du cinéma. Elle permettra de proposer une offre globale aux producteurs», explique Abderrazak Zitouni, directeur de l’OFC. L’idée, selon ce dernier, est née d’un voyage de prospection dans divers pays européens et aux Etats-Unis, au cours duquel l’OFC a effectué un benchmarking pour apprécier la compétitivité du Maroc dans l’industrie cinématographique. «Les résultats ont permis de constater que le Maroc est largement concurrencé par l’Afrique du Sud, les pays d’Europe de l’Est, la Jordanie ou encore les Emirats Arabes Unis. Ce qui nous a poussés à concevoir ce projet qui sera implanté dans la ville de Ouarzazate», souligne M. Zitouni pour qui cette ville pourrait devenir la capitale du cinéma.

Elle dispose certes d’infrastructures cinématographiques (3 studios, une école de cinéma, un musée et une base de données intéressantes permettant d’avoir les techniciens ainsi que les figurants) et de paysages sublimes répondant aux besoins des grandes productions cinématographiques. Mais son offre demeure limitée dans la mesure où les prestations de postproduction font défaut ainsi que les effets spéciaux. Et c’est cela que le projet doit pallier. En effet, ce concept pratiqué dans plusieurs studios hollywoodiens permet aux professionnels de trouver en un seul lieu toutes les solutions de production audiovisuelle.
Un comité de suivi réunissant l’OFC, la province et la région de Souss Massa-Drâa prépare actuellement le lancement d’un appel d’offres pour la sélection d’un cabinet d’études devant préparer une étude de faisabilité et un business plan du projet. L’étude devrait s’étaler sur une période de 6 mois.

Une zone franche et des incitations fiscales nécessaires pour rendre le Maroc compétitif

Le coût du projet n’est pas encore précisé mais on a appris auprès du directeur de l’OFC que le terrain sur lequel sera réalisé le village est disponible. Il s’étale sur une superficie de 236 hectares et la procédure d’acquisition et d’assainissement est en cours. Le comité de suivi est chargé, suite à une réunion qui s’est tenue en juin dernier, d’activer les termes de références pour le lancement de l’étude de ce projet et de faire des propositions sur le modèle adéquat pour la réalisation du projet.

Par ailleurs, l’OFC souligne l’importance du One Stop Shop qui «doit drainer la production étrangère, structurer le secteur cinématographique au Maroc sans compter la création d’un grand nombre d’emplois». Cependant, Abderrazak Zitouni insiste sur le fait que cette structure ne pourra pas à elle seule améliorer la compétitivité du Maroc par rapport aux autres pays. Ainsi, il serait judicieux, selon le patron de l’OFC, de s’aligner sur les politiques incitatives adoptées sous d’autres cieux, notamment les exemptions fiscales afin d’attirer de grandes productions. On peut retenir le cas de l’Afrique du Sud où tout producteur étranger est soumis à une TVA de 12% et remboursé à hauteur de 15% sur la globalité de ses dépenses. De telles mesures permettraient au Maroc d’avoir une meilleure offre financière dédiée à la production.
L’OFC souligne également que «la réussite du projet est tributaire d’une véritable collaboration entre diverses parties afin d’améliorer l’accessibilité et de permettre un désenclavement de la région». Un véritable pari, selon le directeur de l’OFC qui met en avant un bilan encourageant de l’activité cinématographique au cours des deux dernières années. Entre janvier et juin 2014, onze productions étrangères ont été réalisées à Ouarzazate sans compter ce qui est en cours : le Blockbuster American Batman, deux séries bibliques qui mobilisent 3000 figurants ainsi que 200 techniciens et les Aventures d’Aladin. Enfin, deux grands projets sont retenus pour l’année 2015. Année au cours de laquelle, si tout se passe bien, le projet de One Stop Shop devrait aboutir…