Une stratégie nationale pour booster l’industrie cosmétique

Des produits courants pour marché local, des marques de distributeurs et des produits bio pour l’exportation. Le chiffre d’affaires devrait atteindre 7.3 milliards en 2023, dont 4.3 milliards pour l’industrie locale.

La cosmétique n’a pas été oubliée dans le Programme national pour l’émergence économique (PNEI). Elle y a été intégrée de facto en tant que branche du secteur de la chimie-parachimie qui fait partie maintenant des Métiers mondiaux du Maroc (MMM), et dont le contrat programme a été signé lors des dernières Assises de l’industrie organisées à Tanger. Le ministère de l’industrie, du commerce et des nouvelles technologies a préparé une stratégie pour en faire une niche à forte croissance. Et ce n’est pas la situation actuelle qui le détournera de son choix. En effet, si au début des années 2000, cette activité enregistrait une croissance annuelle de l’ordre de 15%, elle s’est tassée depuis 2009, n’affichant plus qu’une moyenne de 5%. Deux raisons sont invoquées : la crise et les importations informelles, estimées à 500 MDH par an sur un marché d’un peu plus de 2 milliards. Ces facteurs perturbent principalement les entreprises nationales puisque les étrangères qui dominent le marché ont pu tirer leur épingle du jeu en faisant progresser leur chiffre d’affaires de 10 à 30% depuis 2009.

Le marché intérieur est encore trop étroit

La stratégie sectorielle vise donc à pérenniser les activités de production en renforçant le tissu local et à capitaliser sur les atouts du Maroc, notamment les ressources naturelles et la main-d’œuvre, pour développer l’exportation.
D’après les projections du ministère, le chiffre d’affaires total de la cosmétique devrait atteindre 7,3 milliards de DH d’ici 2023 et 3 000 emplois additionnels créés. Pour ce faire, il est prévu de développer une offre produite localement pour le marché domestique en élargissant la gamme, de sorte à réaliser un chiffre d’affaires de 1,5 milliard de DH. Le deuxième axe concerne l’aménagement de plateformes pour la production de marques de distributeurs destinées à l’exportation et devant générer 2 milliards de DH. Le dernier axe, le développement d’une offre bio, toujours pour l’exportation, à partir de ressources comme le ghassoul et l’argan devrait rapporter 800 MDH.

L’industrie locale devrait en définitive dégager un chiffre d’affaires de 4,3 milliards de DH contre 710 millions actuellement. Le reste, 3 milliards de DH, découlera des importations qui totalisent pour le moment 1 milliard. En effet, la consommation intérieure, qui ne dépasse pas 100 DH par personne et par an, se sera entretemps fermement développé. Depuis 2008, les soins solaires ont progressé de près de 10%, les soins de visage et les produits de coloration de 7%, les produits pour les bébés et la peau de 6% et les produits pour la coiffure et les soins pour le corps de 4,4%.