Une première : les industriels de la conserve autorisés à  pêcher directement

Des autorisations d’affrètement pour un quota de 50 000 tonnes par an seront délivrées.

Les armateurs de la pêche côtière mécontents de cette décision.

Bonne nouvelle pour les industriels de la conserve de poisson et surtout une première au Maroc. Le ministère des pêches a finalement accepté d’autoriser l’industrie à affréter ses propres bateaux pour approvisionner ses unités de conserve de poisson, notamment en sardines. La décision est tombée vendredi 27 juillet à la suite d’une réunion entre l’Union nationale des industries de la conserve de poisson (Unicop) et les services du ministère. Ce dernier délivrera donc des autorisations d’affrètement aux industriels.

Cette disposition figurait déjà sur le plan d’aménagement des pêcheries pélagiques conclu il y a quelques mois et qui prévoit l’accès direct des industriels de la conserve à la ressource pélagique en mer, à hauteur d’«un quota de 50 000 tonnes de petits pélagiques par an à exploiter à partir du stock de la zone C [NDLR comprise entre Boujdour et Lagouira] par l’ensemble des industries de conserve, au moyen de l’affrètement d’une flotte réfrigérée», comme le signale une source au sein du département des pêches. «Nous voulons accéder aux ressources pour maîtriser notre activité», explique Mohamed Jamali, président de l’Unicop. Affréter des bateaux pour pêcher eux-mêmes leur poisson, essentiellement des sardines, permettrait aux patrons de conserveries de maîtriser leur approvisionnement et la qualité des prises. A signaler que cette industrie traite annuellement près de 350 000 tonnes de matière première et emploie 25 000 personnes, permanents et saisonniers.

Toutefois, les autorisations d’affrètement seront assorties de conditions. Elles doivent être réalisées dans le cadre de groupements d’usines de manière à assurer l’approvisionnement de toutes les industries de conserve nécessitant un appoint, par un effectif de navires sur la base d’un quota maximal de 15 000 tonnes par navire et par an. Les groupements constitués à cet effet doivent, en plus de soumettre au département leurs dossiers administratifs et techniques, s’engager à s’approvisionner d’abord auprès des unités de la pêche côtière sous peine de se voir retirer le quota attribué. Si elle satisfait pleinement les industriels qui la réclamaient depuis les années 90, la décision semble, en revanche, déranger les armateurs de la pêche hauturière et côtière. La Confédération nationale de la pêche côtière au Maroc estime injuste d’être exclue du stock C contrairement aux industriels. Malgré ces protestations, le ministère ne semble pas disposé à faire machine arrière.