Une commune rurale de la province de Tata construira sa propre ferme solaire

La première tranche de la ferme solaire de Fam Al Hisn d’une capacité de 3 MW nécessite un investissement de 50 MDH. Cinq études dont celles de la faisabilité et de l’impact environnemental ont présenté des résultats positifs. Le montage financier sera ficelé courant 2017.

Le lancement de projets d’envergure dans le secteur des énergies renouvelables au Maroc n’est plus l’apanage des grandes structures publiques et privées. A preuve, le projet de construction sur plusieurs tranches d’une ferme solaire photovoltaïque d’une capacité de 20 MW par la Commune rurale de Fam Al Hisn relevant de la province de Tata. Avec 360 jours d’ensoleillement dans cette localité de la région de Souss-Massa, le potentiel est immense.
La première tranche du projet dont la capacité est de 3 MW nécessitera une enveloppe de 50 MDH. Le terrain du site de la future ferme solaire qui s’étale sur 220 ha a été déjà acquis par la commune au prix de 2,2 MDH. Trois mois seulement suffiront pour le montage et l’installation des panneaux photovoltaïques (de type CdTe) ainsi que l’achèvement des travaux de raccordement de la ferme au réseau moyenne tension et de viabilisation. A terme, cette première tranche, qui occupera 5 ha, permettra de produire annuellement 29327 MWh, selon les chiffres prévisionnels communiqués par la commune de Fam Al Hisn. Ainsi, l’émission de 25 400 tonnes de CO2 sera évitée, soit l’équivalent de la plantation de 4 230 000 arbres.
Et si la future ferme solaire ne créera directement que cinq emplois, la manne financière qu’engrangera la commune via ce projet lui permettra sur le moyen et long terme d’investir dans de nombreux projets sociaux et d’infrastructures. Autre impact et non des moindres: le renforcement de l’approvisionnement en électricité de cette région enclavée, située en bout de la ligne.

Un think-thank allemand séduit par le projet
«C’est une première au Maroc», dit, non sans fierté, Ahmed Bouzihay, président du Conseil communal de Fam El Hisn. Et pour cause, ce projet est, en effet, le premier en son genre à être initié par une collectivité territoriale. «Les résultats des études géologique, hydrogéologique, hydrologique, de faisabilité et d’impact environnemental ont tous présenté des résultats favorables», détaille notre interlocuteur. Les résultats de l’étude sismique seront obtenus d’ici la fin du mois d’avril. Une fois la phase des études bouclée, une réunion du comité de pilotage du projet sera tenue pour passer à l’étape suivante, à savoir le ficelage du montage financier. Le comité de pilotage rassemble en plus des représentants de la commune, ceux de Masen et de l’Agence pour la promotion et le développement économique et social des provinces du Sud.
Les six études menées en partenariat avec Masen ont coûté au total 5 MDH dont 2 millions apportées par la commune et le reste levé par l’Agence du Sud.
«Nous avons eu des propositions de la part d’opérateurs privés pour louer la future ferme, mais nous avons au sein du conseil écarté cette option», indique Ahmed Bouzihay. Selon lui, l’option idéale est la création d’une société de développement local dont 51% du capital sera détenu par la commune et le reste des actions par les opérateurs privés. Le think-thank écologique allemand «Heinrich Böll Stiftung» (HBS) a été séduit par ce projet inédit au point d’organiser, jeudi 23 mars, une visite à Fam Al Hisn d’une délégation composée d’experts, de députés et d’élus locaux allemands, avec comme objectif l’accompagnement et le partage des expériences au profit des élus et des acteurs de la société civile.
«Notre visite à Fam El Hisn s’inscrit dans le cadre de nos axes de travail, à savoir l’écologie et le développement durable. Les énergies renouvelables comptent parmi les piliers de l’expertise de la Fondation Heinrich Böll qui d’ailleurs porte un grand intérêt pour le Maroc, dont le potentiel est grand dans ce domaine», indique une source au sein de la fondation implantée au Maroc depuis 2014.