Une campagne télévisée de Méditel interdite

La HACA juge la publicité non conforme aux principes de la concurrence loyale.

La campagne publicitaire télévisée de Méditel, «Engagements tapis rouge 1, 2 et 3», est interdite par la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA). La décision a été signifiée à 2M samedi 5 mars. Selon la HACA, il y a dans le spot une comparaison des «services de téléphonie mobile de Meditelecom et ceux, de même nature, d’un autre opérateur au sujet de leurs caractéristiques, de leur qualité, de l’état de leurs points de vente, de la disponibilité du personnel…».
A cet égard, la loi relative à la communication audiovisuelle stipule que, «lorsque la publicité contient une comparaison, celle-ci ne doit pas être de nature à induire en erreur les consommateurs et doit respecter les principes de la concurrence loyale. Les éléments de comparaison doivent s’appuyer sur des faits objectivement vérifiables et choisis loyalement».

Méditel s’étonne de n’avoir pas été contacté par la HACA
Les responsables de Méditel jurent avoir visé «uniquement le relèvement de la qualité et la recherche de la satisfaction d’une clientèle de plus en plus exigeante». Nabil Berrada et Moncef Belkhayat, respectivement directeur de la communication et directeur commercial, s’étonnent de ce que cet arrêt soit intervenu près de trois semaines après le début de la campagne. Ils s’élèvent aussi contre le fait que le Conseil de l’audiovisuel national n’ait pas pris langue avec Méditel pour lui permettre de présenter sa version des choses. Selon eux, il est curieux que les attendus de la HACA ne fassent pas mention d’une plainte de Maroc Telecom qui a été transmise à l’ANRT (Agence nationale de régulation des télécommunications), laquelle, étant incompétente pour une telle affaire, l’a confiée au conseil de l’audiovisuel le 1er mars.
L’instance de l’audiovisuel, pour sa part, explique que la décision d’interdiction qui entre dans ses prérogatives (en sa qualité de régulateur des activités des opérateurs de télévision, et notamment en matière de publicité) est le fruit de deux séances de travail (les 2 et 4 mars). Par ailleurs, elle considère qu’il n’y a aucune raison pour écouter l’un ou l’autre des opérateurs au moment de l’instruction, ce qui est en cause étant un message publicitaire qui passe sur une chaîne et qui parle de lui-même.
Cette affaire, qui a mis les responsables de Méditel dans une colère noire, n’est pas finie. Les responsables de l’opérateur qui ne songent pas à ester en justice veulent interpeller l’UACC (Union des agences conseil en communication) à ce propos. Rachid Hamdad, président en exercice de l’UACC, tout en se refusant à donner une appréciation sur la question, aurait souhaité que des différends de ce genre puissent être traités à l’amiable sans qu’on en arrive à des affrontements de nature à envenimer les rapports entre les opérateurs économiques, quel qu’en soit le domaine.