Une campagne céréalière record de 97 millions de quintaux

1,3 million de quintaux de semences sélectionnées et 95 kg d’engrais à  l’hectare ont permis d’atteindre cette performance. Depuis 2008, 330 000 ha ont été équipés en systèmes d’irrigation économes en eau. La production de toutes les filières s’est améliorée depuis le démarrage du Plan Maroc Vert.

Pour la sixième fois consécutive, se sont tenues à Sahrij Souani à Meknès, le 23 avril, les Assises de l’agriculture, devenues un rendez-vous annuel de tous les professionnels de l’agriculture marocains et étrangers afin de débattre de l’état d’avancement du Plan Maroc Vert, stratégie de développement du secteur agricole initiée en 2008 et de s’arrêter sur les réalisations du secteur et les avancées enregistrées.

Après avoir souligné l’importance des précipitations enregistrées cette campagne et qui ont permis le remplissage des barrages à 92% en moyenne, Aziz Akhannouch, ministre de l’agriculture et de la pêche maritime, a annoncé les prévisions pour la production céréalière en cours. Ainsi, il a prévu que la production de l’ensemble des céréales d’automne devrait atteindre 97 millions de quintaux et que le blé tendre se taille la part du lion avec une récolte record atteignant 52 Mq.

Ce saut quantitatif réalisé par l’agriculture marocaine reflète l’évolution marquée de l’utilisation des facteurs de production. L’un de ces facteurs est le recours aux semences sélectionnées qui ont été utilisées cette campagne à hauteur de 1,3 Mq alors que les prévisions pour la campagne 2013-14 sont estimées à plus de 2 Mq, ce qui aura pour conséquence d’augmenter le taux de leur utilisation à 50% pour les blés. Autre facteur de production dont l’utilisation a été améliorée, et ce, grâce à la collaboration avec l’OCP, celui des engrais dont l’utilisation a atteint 95 kg/ha, soit une hausse de 36% par rapport à la période de référence. Pour ce qui concerne l’irrigation, 333 000 ha ont été équipés depuis 2008 en systèmes d’irrigation économes en eau, soit une augmentation de 79% alors que les prévisions pour 2013-14 devraient atteindre 370 000 ha environ.

Cette évolution de l’usage des facteurs de production a permis une croissance dans l’ensemble des filières en comparaison avec la période de référence 2005-07. Ainsi, la production céréalière a atteint au cours de la période 2008-12, une moyenne de 80 Mq/an et la récolte d’olives 1,4 million de tonnes avec un meilleur équipement en unités de trituration, sachant que la superficie de l’oliveraie nationale devrait atteindre 1% ha en 2013. De même, la production de primeurs a atteint 1,7 million de tonnes tout en améliorant la valorisation de l’eau d’irrigation. Concernant la production animale, le ministre a indiqué que l’ensemble des filières de production a enregistré une augmentation importante par rapport à la période de référence avec 460 000 t de viandes (+ 27%), 2,5 milliards de litres de lait (+49%) et 635 000 t de viandes blanches.

Par ailleurs, et sur le plan macroéconomique, le PIB agricole a augmenté de 32% environ entre 2008 et 2012 par rapport à la période de référence. De même, les débouchés à l’export ont été diversifiés par la conquête de nouveaux marchés comme l’Amérique du Nord et la Russie ainsi qu’en ciblant les marchés africains.

Le PMV souffle ses 5 bougies

Le Plan Maroc Vert a réussi au cours de ses cinq premières années à redonner au milieu rural la place qu’il mérite, et ce en se basant sur deux principes, l’agriculture pour tous (dans le cadre d’un système socio-économique intégré) et l’agriculture responsabilité de tous (en associant tous les intervenants et en partageant la responsabilité dans un cadre contractuel). Ainsi, le nouveau visage du secteur agricole au cours de la période 2008-12 a connu une amélioration du climat des investissements mais aussi de la productivité des différentes filières et leur compétitivité. Au cours de cette période ont été enregistrées, entre autres, la croissance des investissements par ouvrier (+18%), l’augmentation des superficies cultivées (+11%) soit +750 000 ha, l’amélioration du taux de mécanisation (+36%) en passant de 5 à 6,8 tracteurs par mille hectares, l’amélioration de la valeur des produits industrialisés de 8% environ, etc.

Les projets engagés par le PMV ont montré qu’il est possible de moderniser aussi la petite agriculture familiale et de l’intégrer dans l’économie de marché en transformant plusieurs petites exploitations en réelles entreprises.

Par ailleurs, l’amélioration de la compétitivité du secteur agricole était l’un des objectifs du PMV en encourageant l’investissement qui a atteint 53 milliards de DH au cours des cinq dernières années. Ceci a permis de générer 23 milliards de valeur ajoutée, d’améliorer la rentabilité des différentes filières de production ainsi que les conditions de valorisation des produits agricoles.