Une baraque contre un appartement de 80 m2, 50 000 DH de cash et 6 mois de loyer !

Si l’on fait des pieds et des mains pour figurer sur les listes des bénéficiaires du programme Villes sans bidonvilles, c’est parce que cela peut être très rémunérateur.

Les occupants de bidonvilles qui acceptent de quitter leurs baraques ont deux alternatives. En premier, il y a le relogement qui leur donne l’accès à un appartement proche en termes de prestations du logement social. Le bénéficiaire ne paie que 100 000 DH sur le prix total, tandis que le Fonds de solidarité habitat (Fshiu) fournit 40000 DH et le dispositif de péréquation apporte un complément de 60 000 à 80000 DH. Sachant que la valeur marchande de certains appartements fournis aux bidonvillois atteint 450000 DH, le bénéficiaire en retire un bon bonus. La deuxième option, le recasement porte sur l’octroi à 2 ménages d’un lot de 80 m2. Cette alternative a largement pris le pas sur le relogement (170000 unités de relogement sont aujourd’hui vacantes du fait du désintérêt des bénéficiaires) et l’on comprend facilement pourquoi. Les deux ménages bénéficiaires d’un lot ne paient que 40 000 DH pour prendre possession du terrain. Selon un montage très répandu, cette parcelle est revendue au même prix à un promoteur immobilier qui construit dessus un R+3 regroupant deux appartements (un par étage) qui sont donnés aux bénéficiaires, tandis que le développeur garde le rez-de-chaussée et la terrasse. En prime, le promoteur paie le loyer des propriétaires de la parcelle, sur toute la période que durera la construction de l’immeuble. Les bénéficiaires peuvent encore espérer retirer de leur terrain un supplément allant jusqu’à 100 000 DH si le rez-de-chaussée de l’immeuble peut être exploité sous forme de commerce.