« Une banque ne doit pas absorber plus du tiers de la marge de l’entreprise »

Quels sont les principaux critères sur lesquels le banquier juge l’entreprise ?
Il y a d’abord le secteur d’activité. Grâce à nos études sectorielles, nous sommes en mesure de déterminer le niveau de risque lié à la nature de l’activité. Actuellement, les secteurs que nous jugeons difficiles sont, entre autres, l’industrie de transformation liée aux IMME et la confection dans le textile. A l’opposé, les secteurs que nous jugeons porteurs sont ceux de la pêche, du tourisme, de la promotion immobilière et du BTP.
En deuxième lieu vient la qualité de la signature. Elle reste déterminante dans une relation banque-entreprise. Par qualité de la signature, il n’y a pas que la superficie financière, contrairement à ce que l’on s’imagine, qui est prise en compte. Il y a également l’expérience du manager dans son secteur, la qualité du management, la structure de son organigramme… D’ailleurs, il arrive fréquemment que nous financions une activité dans un secteur difficile si nous avons confiance dans l’équipe dirigeante.
Enfin, en troisième lieu, nous analysons le bilan ou le business-plan annuel ou pluriannuel.

Justement, dans un bilan, quels sont les points que traque le banquier ?
D’abord, l’entreprise ne doit pas être sous-capitalisée. Le ratio fonds propres/total bilan donne une idée assez claire là-dessus. Il doit être supérieur à 25%.
Il y a aussi le rapport entre le résultat net et le chiffre d’affaires qui certes varie en fonction des secteurs mais qui démontre si l’activité peut dégager suffisamment de marges.
La prépondérance des frais financiers dans les charges de l’entreprise est également suivie de très près. Ces derniers ne doivent pas représenter plus de 5% du chiffre d’affaires de la société. Autrement, la société a un problème de gestion de trésorerie et, souvent, une faiblesse des fonds propres, rendant la situation critique. En effet, les marges d’une société dépassent rarement les 15%. Il est illogique que la banque absorbe plus du tiers de la marge.
Bien entendu, d’autres ratios sont pris en compte mais, dans une analyse plus fine : il s’agit des postes du bas de bilan comme le poste clients et le poste fournisseurs. Si par exemple nous observons que plus de 3/4 du chiffre d’affaires de la société est chez les clients, nous leur conseillons de céder leurs créances ou de recourir à une société de factoring.

Quelles sont les entreprises les plus affectées par les problèmes de trésorerie?
Les PME car elles sont sous-capitalisées et leur cycle d’exploitation est long et caractérisé par un déséquilibre temporel entre les créances clients et les crédits fournisseurs. Les premiers exigent des délais de paiement longs, les seconds accordent difficilement des délais de règlement.