Un schéma directeur pour la périphérie de Marrakech

Des centres satellites constitueront des relais à l’extension de la ville.

L’agence urbaine de Marrakech s’apprête à lancer un appel d’offres pour l’élaboration d’un schéma directeur pour l’aménagement urbain (SDAU) de la périphérie de la ville. L’objectif est d’accompagner au mieux l’expansion de la cité. L’étude préalable doit être réalisée dans un délai d’une année. Il est important de noter dès à présent que le schéma en préparation est différent de celui de la ville, encore en vigueur jusqu’en 2020.
Pour ce qui est de la périphérie, le SDAU s’appuiera en principe sur les grandes options déjà arrêtées. L’idée qui a fait son chemin est de limiter le développement horizontal de la ville par la promotion des zones périphériques, par exemple Tamsloht ou Tahanaout, qui seront érigés en centres satellites. Cela sans oublier la nouvelle ville de Tamansourt, bâtie, quant à elle, quasiment à partir du néant. Abdelouahed Fikrat, directeur général de l’Agence urbaine de Marrakech, souligne que pour cette dernière, «le pari est de faire en sorte que cette localité devienne une ville disposant de sa propre dynamique».
Quant aux centres satellites, ils profiteront du développement du tourisme en proposant des produits spécifiques du monde rural ou encore de l’artisanat, sachant que la poterie y est très présente. Déjà, plusieurs promoteurs touristiques ont déposé des autorisations pour la création de complexes touristiques dans ces régions, indique-t-on.

Création d’une ceinture verte
Le développement de ces centres satellites répond également à un souci de planification urbaine, axée sur un développement harmonieux de l’espace accompagné par une meilleure répartition des richesses. En ce sens, le directeur de l’Agence urbaine lance une réflexion pour une nouvelle signature de l’institution autour du thème : «L’harmonie du territoire».
Toujours dans l’esprit de contenir l’extension de Marrakech, il est question de la protéger par une ceinture verte, en renforçant le maintien du périmètre irrigué situé à proximité de la route d’Essaouira. Dans le même ordre d’idées, l’Erac Tensift a déjà planté des oliviers aux alentours de Tamansourt sur une superficie de 9 hectares, appelée à constituer un espace tampon entre la nouvelle ville-satellite et Marrakech.
Stationnement, eau et assainissement : de gros problèmes à résoudre
Enfin, l’Agence urbaine prépare une refonte des plans d’aménagement de la ville de Marrakech, lesquels représentent une déclinaison du SDAU en cours. Ils sont au nombre de dix, dont quatre ne sont pas encore homologués. Le directeur de l’Agence urbaine espère réactualiser ces plans en collaboration avec les autres partenaires dont la willaya, la direction de l’urbanisme et les représentants locaux. La refonte de ces plans d’aménagement s’est imposée d’elle-même. Leur période de confection a en effet duré trop longtemps, au point que leurs hypothèses de travail urbanistique ont été modifiées.
Par ailleurs, l’Agence urbaine est en train d’évaluer les projets qui ont obtenu des dérogations par rapport aux documents d’urbanisme. Il s’agira de les placer sur une carte de la ville en déterminant leur degré de maturité, c’est-à-dire la phase de leur réalisation, sachant que depuis le démarrage de cette procédure, 1000 projets ont reçu des accords de principe. Cette étude sera bouclée fin octobre 2005. En attendant, le système des dérogations continue, sauf pour certains quartiers en mutation urbanistique, comme l’Hivernage, Targua et Assif où il a été considéré qu’il valait peut-être mieux les maintenir en zone villas pour ne pas dénaturer le cachet de la ville.
Une deuxième étude, confiée, quant à elle, à un cabinet externe, permettra d’évaluer l’impact des maisons d’hôtes sur la médina. La multiplication de ces dernières suscite, selon M. Fikrat, une polémique entre leurs partisans et leurs détracteurs. Selon ce dernier, l’étude permettra de dépasser le discours passionnel pour livrer des données objectives sur l’attrait de la médina et le confort de ses habitants. On sait déjà que le nombre des maisons d’hôtes dans la médina est estimé à 400 sur un total de 18 000 habitations.
Le grand chantier urbanistique ne se limite pas à ces questions. L’expansion de la ville génère d’autres problèmes. C’est le cas de la circulation automobile. Pour éviter les stationnements sauvages, les entités octroyant les autorisations de lotir ou de construire deviennent très regardantes sur les largeurs des emprises des voies ou encore sur les places de parking. La dégradation de la palmeraie est également l’objet d’une grande attention et des mesures sont prises pour sa régénération. D’autres solutions seront imaginées pour remédier à la raréfaction des ressources en eau ou encore à l’insuffisance des équipements en réseaux d’assainissement.

Certains quartiers comme l’hivernage, Assif et Targa resteront des zones villas.