Un Ramadan plus morose que les autres pour l’hôtellerie

Les touristes étrangers ont appris à éviter le déplacement au Maroc durant cette période.
Fès et le nord particulièrement touchés : 20% d’occupation à peine.

La plupart des hôteliers de Casablanca vous le diront : cette année, le mois de Ramadan est particulièrement calme, plus calme que d’habitude. Et ceci est dû à la conjugaison de facteurs structurels et conjoncturels. Le structurel, c’est que Casablanca est une ville de passage, de transit, pour les hommes d’affaires qui y passent une nuit, voire deux ou trois, mais pas plus. Selon le président de l’association des hôteliers de Casablanca, Lahcen Zelmat, les hommes d’affaires étrangers ont depuis longtemps compris que le mois du carême n’est pas un mois propice pour venir à Casablanca avec un agenda chargé, en raison de la réduction du temps de travail des hommes d’affaires marocains, mais aussi d’une conception très particulière de la… ponctualité.

S’agissant des nationaux, il semble qu’en plus de la baisse habituelle durant les deux premières semaines du Ramadan, la coïncidence de la rentrée scolaire avec le début dudit mois a eu des effets défavorables sur les arrivées. Résultat : les taux de remplissage dans la plupart des établissements se situent, selon les estimations, entre 15% et 20%. On se replie dès lors sur certaines petites manifestations «ramadanesques» (f’tours-débats, soirées d’animation, etc.) pour arrondir les angles. De fait, la fréquentation n’augmentera que quand la ville aura les infrastructures nécessaires pour accueillir les grands congrès et séminaires.

A Agadir, Ramadan a coïncidé avec la basse saison
Malgré cette conjoncture, les grandes enseignes hôtelières tirent leur épingle du jeu avec une clientèle étrangère d’habitués, et des groupes qui transitent par Casablanca durant les week-ends. Les congrès, incentives, et le tourisme d’entreprise, c’est ce qui sauve justement Marrakech qui se porte relativement bien. La diversification de l’offre à Marrakech, avec le développement d’activités de loisir (golf et séjours de bien-être) fait qu’il n’y a pratiquement plus de basse saison sur cette destination.

A Agadir, qui a connu selon ses professionnels une bonne saison d’été, Ramadan coïncide avec la basse saison. On tourne donc au ralenti, en attendant l’hiver, pour lequel les professionnels comptent sur une bonne promotion sur les marchés anglais et scandinave.

Enfin, à Fès comme dans les villes du nord, le taux de fréquentation est plutôt bas durant ces deux premières semaines. Le responsable d’un grand palace de Fès affirme que le taux d’occupation se situe autour de 20%.