Un projet de loi pour la fusion de l’ONE et l’ONEP

Le Secrétariat général du gouvernement a confectionné une première mouture qu’il vient de transmettre aux ministères concernés.
Les résultats de la première lecture à  la rentrée.

Depuis quelques années, l’idée de fusionner l’Office national de l’électricité et celui de l’eau potable a été envisagée. Aujourd’hui, elle est en marche et le gouvernement a même fait une première action concrète dans ce sens.
Jeudi 23 juillet, le Secrétariat général du gouvernement (SGG) a transmis une première mouture du projet de loi, n°40-09, qui devrait régir la future entité, baptisée pour l’instant Office national de l’eau et de l’électricité (ONEE), à quelques départements ministériels pour avis. Parmi eux le ministère des finances, celui des affaires économiques et générales ainsi que les départements de tutelle que sont l’énergie et les mines pour l’ONE et le Secrétariat d’Etat chargé de l’eau pour l’ONEP. En fait, il s’agit, comme l’explique une source au ministère de l’énergie, d’«une mouture de réflexion». Autant dire que la fusion ne se fera pas avant plusieurs mois.
Le projet étant encore non ficelé, c’est la confidentialité qui règne. Bien que tous confirment l’existence de la fusion, peu de responsables dans les ministères, et encore moins dans les deux offices concernés, ont accepté de faire des commentaires. Pour l’heure, les différents ministères devront donc faire une première lecture du projet et en rendre compte au SGG. Ce qui ne se fera pas avant la rentrée, dans le meilleur des cas.
Selon nos sources au ministère de l’énergie, la fusion entre les deux offices répond à une logique évidente de synergie : les deux sont sur des métiers complémentaires et, en plus de leur statut de producteurs, sont également des distributeurs d’eau et d’électricité dans beaucoup de villes et régions au Maroc. Mieux, depuis quelques années, l’ONE et l’ONEP se sont engagés dans une politique agressive de gestion déléguée pour la distribution mais également dans des métiers nouveaux, notamment la gestion de l’éclairage public pour le premier et l’assainissement liquide pour le second. A tel point qu’en 2004, les deux offices ont lancé une expérience pilote pour la création d’une filiale commune qui serait dédiée aux métiers de la distribution et qui serait à même de concurrencer les grands opérateurs, y compris internationaux, sur de gros contrats. Mais les résultats de cette expérience, lancée dans deux régions pilotes, Chaouia-Ouardigha et Taza, ne sont pas encore disponibles.
En tout cas, il semble que la volonté y est. Il faudra maintenant du temps car la fusion de deux gros mastodontes comme l’ONE et l’ONEP ne sera pas chose aisée, surtout sur le plan organisationnel : le mixage des effectifs, l’optimisation des effectifs en supprimant les postes en double…On se rappelle encore d’une opération similaire, celle du BRPM et de l’ONAREP dont la fusion, pour donner l’actuel Onhym, n’a pas été facile.