Un privé propose un plan de survie pour les régies de transport

Sur la base d’une étude qu’il a réalisée, Abdessalam
Taymi avance que la RATC dégagerait un bénéfice d’exploitation
de plus de 2 MDH, dès la première année.

La gestion déléguée de la RATC (Régie autonome du transport de Casablanca), dont on attend l’ouverture des plis dans les prochains jours, a au moins un adversaire. Il s’appelle Abdessalam Taymi, professionnel du transport, ingénieur de formation, qui crie à qui veut l’entendre que le choix de la gestion déléguée est inopportun, car c’est l’usager qui va en payer le prix et dans des délais assez brefs. Et justement, pour éviter cela, M. Taymi propose une alternative pour sauver de la banqueroute les régies de quelques-unes des principales villes du Maroc, en l’occurrence Casablanca, Rabat, Fès et Meknès. En quoi consiste cette solution ? L’intéressé brandit une étude qu’il a réalisée lui-même. Il propose aux autorités de tutelle des régies et aux autorités locales une offre de service qui mettrait à la disposition des régies de transport urbain, en location, des bus flambant neufs, aux standards internationaux, puisque répondant aux normes Iso 9001, sans que cela ne coûte au contribuable le moindre centime. Ainsi, précise-t-il, si les autorités consentaient à accéder à sa demande, lui-même et ses partenaires sont en mesure d’être opérationnels dans un délai de quatre mois, dans l’une des villes citées. Pour prendre l’exemple de Casablanca, 300 bus seraient mis, dans ce délai, à la disposition de la RATC, au prix unitaire de location de 1 680 DH par jour et par bus, et tous les jours de la semaine. Selon cette étude, la RATC, qui fonctionne aujourd’hui avec ses 180 véhicules dont l’âge dépasse les 25 ans et un ticket à 2,75 DH, perdrait chaque jour 1 911,20 DH par autobus (2 800 DH de charges, contre une recette de 888,80DH), soit au total 344 016 DH par jour et 123 845 760 DH par an.

Un bénéfice de 23,33 DH par bus et par jour
En admettant que le système de location, tel que proposé par le promoteur, soit adopté, le parc sera alors plus important, de même que le nombre de rotations, et, surtout, la régie n’aura plus les mêmes charges : dégraissage oblige, le nombre de personnes travaillant à la régie rapporté au nombre d’autobus passera de 12 actuellement à 4,8 , les frais de gestion seront réduits de 50 %, soit 500 000 DH par mois au lieu d’un million. La régie sera débarrassée définitivement des frais d’assurance, soit 54 000 DH par véhicule et par an, des frais d’entretien, soit 800 DH par jour et par véhicule, ceux-ci étant, bien entendu, à la charge de l’entreprise loueuse. Avec ces économies, la RATC gagnerait 23,33 DH par bus et par jour le prix du ticket restant inchangé. En tout, donc, un
excédent d’exploitation de
2 519 640 DH par an. Miraculeux ? «Non, élémentaire !» rétorque M. Taymi.
D’une manière générale, la gestion de la régie sera plus légère si l’on considère que plusieurs autres charges seront supprimées, entre autres l’entretien et la réparation des véhicules, la gestion des magasins, les charges d’amortissement du matériel et, dans la foulée, la moitié du personnel.
Bien entendu, un tel scénario suppose que le coût de location soit réellement de 1 680 DH par bus et par jour. M. Taymi est rassurant là-dessus. Ses partenaires chinois fabriquent eux-mêmes les autobus à un coût de 30 à 40 % moins élevé que les concurrents, et ont testé ce procédé en Chine. Mais ils ne sont pas intéressés par la gestion déléguée, affirme Abdeslam Taymi, qui n’abandonne pas la partie. Un vrai Don Quichotte du transport urbain est là, mais, déplore-il, personne ne veut l’écouter