Un plan décennal pour faire revivre la cédraie

Le Cèdre de l’Atlas est menacé par le surpâturage, l’écimage et autres attaques parasitaires. Dans les régions à forte pression pastorale, les autorités proposent une compensation des droits d’usage.

Visiblement, les engagements du Maroc lors de la COP21 ne sont pas que des vœux pieux… Pendant que se tient le Sommet mondial pour la préservation du climat à Paris, c’est à une problématique environnementale fondamentale que le Haut commissariat aux eaux et forêts s’attaquait.

Mardi 1er décembre, la campagne de reboisement 2015-2016 a été lancée dans la forêt d’Azrou. Il s’agit en fait d’une régénération globale de la cédraie, prévue dans un plan décennal 2015-2024 et qui portera sur une superficie globale de 15 940 ha dont 7 165 ha de nouvelles plantations et 8 775 ha de consolidation des anciennes. Il est prévu la reconstitution d’une superficie pouvant atteindre 30 000 ha contre 27 000 ha au titre du programme 2005-2014.

Constituée d’une variété endémique, le Cèdre de l’Atlas, la cédraie du Maroc couvre environ 130000 ha répartis sur plusieurs massifs comprenant quelques futaies dans le Rif et le Haut-Atlas, mais l’essentiel est concentré dans le Moyen-Atlas entre 1 500 et 2 400 m, étage montagnard recevant le plus de précipitations. Les spécimens les plus vieux et les plus impressionnants de cèdres peuvent atteindre 40 à 60 m et 1 200 ans d’âge, faisant de cet arbre une véritable mémoire vivante de l’évolution climatique du Maroc. Seulement, son équilibre est affecté et menacé par différents phénomènes : surpâturage, écimage et émondage par les bergers et troupeaux, attaques parasitaires, écorçage par le magot, mauvais traitements sylvicoles, changement climatique…

Considéré comme une espèce en danger, le Cèdre de l’Atlas fait donc l’objet d’un suivi rapproché de la part du Haut commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification.

530 fours à distribuer

D’ailleurs, sur le volet de la réhabilitation des écosystèmes forestiers, les autorités ont enregistré une augmentation du rythme de la reconstitution des forêts de l’ordre de 36 400 ha par an, ce qui a élargi la superficie forestière de 2%.

Pour assurer la réussite des plantations dans les régions à forte pression pastorale, le HCEF procède à deux méthodes : la compensation des droits d’usage et la distribution des fours améliorés pour diminuer le besoin en bois. La première se fait en organisant les usagers en organisations sylvo-pastorales, coopératives et groupements qui, en contrepartie des mises en défens des périmètres plantés, bénéficient d’une subvention annuelle de 250 DH/ha durant toute la période de mise en défens. Selon le Haut commissariat aux eaux et forêts, 23 associations sont concernées par la compensation sur une superficie de mise en défens de 18 570 ha pour un budget de 4,7 MDH. En ce qui concerne le second volet, «le coup d’envoi de la distribution de fours améliorés a été donné. Le programme de l’année 2015 porte sur 530 fours au profit de plus de 3000 bénéficiaires», selon le Haut-commissariat. Le taux d’économie en bois, comparativement aux fours traditionnels, est de 35%.