Un plan de relance pour l’internet

Le gouvernement inscrit l’extension de la toile sur la liste de ses priorités.
Une enveloppe d’un milliard de DH sera consacrée à l’équipement
des écoles en PC.

Désormais, internet est en voie de démocratisation et fait partie des priorités de l’exécutif marocain. Ce message clair est sorti de la bouche même du Premier ministre Driss Jettou venu présider les Assises de l’internet organisées par l’Anrt (Agence nationale de réglementation des télécommunications) le 8 novembre à Skhirat. Une telle promesse est portée par plusieurs prémices. D’abord parce que tout le microcosme du secteur qui a été associé à la démarche s’en porte garant. Ensuite, un plan bien ficelé comprenant des mesures concrètes et des échéances accompagne les bonnes résolutions des acteurs qui s’en sont fait les hérauts. Et justement, le train de mesures préconisées n’a pas été enfanté par les assises elles-mêmes, mais les a précédés et porte la griffe de tous ceux qu’il implique, ce qui le met à l’abri du sort souvent des résolutions prises à l’issue de ce genre de rencontres (cf La Vie éco du 4 novembre 2005).

Des points d’accès pour les régions isolées
Comment va-t-on s’y prendre ? Il y a d’abord l’engagement de l’Etat qui, avant même de valider ce plan dont il revendique la paternité à travers l’Anrt, promet de mettre 1 milliard de DH dans l’équipement de classes en PC (104 000 unités), en salles multimédia et en tables. L’argent vient du Fonds spécial du service universel alimenté par les fameux 2 % prélevés sur le chiffre d’affaires des opérateurs de la téléphonie, ce qui assure sa disponibilité. Mais le gouvernement promet également de soutenir toutes les actions contenues dans le train de mesures prévues comme il en va de l’introduction des NTI dans l’enseignement, par l’accélération du programme e-gouvernement dénommé Idarati. Selon le ministère des Affaires économiques et générales, une bonne quarantaine de sites d’administration sont en ligne et ce n’est qu’un début…

Cependant, ce sont dans des actions comme la vulgarisation de l’utilisation d’internet dans les régions isolées ou à l’adresse de certaines communautés ou encore la mise à disposition de bibliothèques publiques ou des bureaux des postes et même des écoles, qu’il faut chercher les véritables ressorts. Pour les régions complètement démunies, on prévoit d’installer des points d’accès publics d’internet (PAPI) pour faire prendre goût à la toile aux habitants. Le fait qu’internet fasse désormais partie intégrante du service universel, grâce à la loi 55-01 publiée en novembre 2004, est de nature à permettre la concrétisation de toutes les mesures préconisées.

L’enrichissement du contenu devra suivre
Les autres acteurs du secteur, pour leur part, apporteront leurs concours, pas seulement par leurs actions citoyennes ou leur concours au monde associatif mais aussi par toutes les offres que le volume de la demande leur imposera.

A côté de tout cela, l’enrichissement des contenus et la mise à niveau des aspects juridiques devront suivre, dans un domaine comme les NTI où les données changent à la vitesse de l’éclair
On le voit bien le plan de dynamisation d’internet semble à la fois raisonnable, tangible et, somme toute réalisable. Mais deux éléments semblent manquer à l’appel. Il y a d’abord le manque d’implication des collectivités locales et des régions qui, du reste, ont tout intérêt à s’inscrire dans une dynamique dont leurs territoires pourront tirer profit. Pourquoi ne seraient-elles pas sollicitées notamment pour une contribution à la mise en place des infrastructures que les opérateurs mettront du temps à financer en absence de profits immédiats ?

L’autre point concerne le manque de motivation pour l’utilisation d’internet. En effet, la toile doit devenir un lieu de convergence pour le commerce qui pourrait en faire à la fois une vitrine pour ses produits et un espace de vente où le public ferait emplettes et cela vaut aussi bien pour le potier de Safi ou d’ailleurs que pour les concessionnaires de voitures ou les transporteurs.