Un plan d’aménagement pour le pélagique ?

Depuis quelques semaines, les réunions se succèdent au ministère de la Pêche. Objectif : accoucher d’un plan d’aménagement pour le secteur pélagique. Ce dernier peine à voir le jour depuis 2002, date à laquelle il avait été évoqué par Said Chbaâtou. Cette pêcherie est aujourd’hui l’objet de convoitises et soumet le ministère à de fortes pressions. L’effort de pêche qui y est autorisé ne dépasse pas 500 000 tonnes alors que, selon le dernier rapport de l’INRH, un million de tonnes de sardines sont en perdition entre Safi et Lagouira et périront en mer faute d’effort de pêche adéquat.
De l’autre côté, l’industrie de la conserve fait face, depuis plusieurs années, à des difficultés d’approvisionnement en matière première dues essentiellement à «l’irrégularité des approvisionnements et à la médiocrité de la qualité», souligne Mohamed El Jamali, président de l’UNICOP (Union nationale des industries de la conserve de poisson). Son association a soumis au ministère un plan d’action axé principalement sur l’octroi d’autorisations de pêche. Il est proposé d’allouer un quota annuel de 75 000 tonnes de sardines pour son exploitation à l’état frais par des groupements d’industriels de la conserve. Le président de l’UNICOP rappelle l’expérience d’affrètement de bateaux menée de 1996 à 2000. «Les captures de cette exploitation viendraient en appoint pour compléter leur approvisionnement traditionnel auprès de la flotte côtière», précise-t-il.
De son côté, Hassan Sentissi, président de la Fédération nationale des industries de transformation et de valorisation des produits de la pêche, estime que le plan d’aménagement du pélagique doit être annuel et révisable. A son avis, «l’urgence de la mise en place de ce plan concerne aussi les anchois». Il ajoute que «les problèmes de la ressource sont récurrents et les industriels contraints de s’approvisionner en Argentine»