Un million de voitures particulières ont plus de 10 ans !

Près de 2 millions de véhicules sont en circulation

21% des autocars ont plus de 16 ans.
La moitié du parc des véhicules roule à l’essence


Les grosses cylindrées restent rares.

Combien de véhicules circulent au Maroc ? Les chiffres relatifs au parc auto recèlent beaucoup de surprises et de déceptions à la fois. Le premier constat alarmant qu’établissent les statistiques du CNEH (Centre national d’essais et d’homologations) est le vieillissement du parc, dont 75 % est âgé de plus de dix ans et à peine 8 % de moins de cinq ans. Les efforts déployés depuis le début des années 1990 pour son rajeunissement semblent n’avoir pas encore donné de résultats.

Pourtant, ce ne sont pas les initiatives étatiques qui ont manqué. Il y a eu d’abord l’augmentation des droits de douane sur les voitures importées d’occasion parallèlement à la réduction de ceux appliqués aux véhicules importés neufs. Ensuite, en 1994, le Maroc a lancé la voiture économique avec la gamme Fiat montée sur les lignes de la Somaca. Le succès était au rendez-vous et s’est maintenu pour la Logan (Dacia) qui, à fin mars 2006, accapare 18 % des parts de marché, soit la première position, détrônant ainsi Renault et Peugeot, qui détiennent respectivement 15,62 % et 13,89 %.
Aux mesures citées plus haut, il y a lieu de rajouter le développement, ces deux dernières années, de la formule de location longue durée (LLD).

Un expert suggère des primes à la casse
Selon Abdelaziz Ezzaim, directeur du CNEH, la raison principale qui pourrait expliquer ce vieillissement demeure l’absence de procédures de retrait de véhicules de la circulation. «L’unique mécanisme de retrait d’un véhicule aujourd’hui est la route à travers les accidents. Le projet de code de la route permettra de combler ces lacunes puisqu’il prévoit les cas de retrait de la circulation». Le projet de réforme du contrôle technique devra également participer au verrouillage du système (lire «En direct»).

De son côté, Younès Saih, expert auto installé à Casablanca, pour qui le pouvoir d’achat des Marocains est un facteur qui explique, entre autres, cet état, suggère d’instaurer des encouragements au retrait comme c’est le cas à l’étranger. «Pourquoi ne pas mettre en place carrément des primes à la casse pour encourager les gens à se débarrasser des vieilles voitures. En outre, les concessionnaires ne sont pas encore conscients de l’importance du système des reprises des véhicules d’occasion. On déplore toujours l’absence de plate-forme dédiée à cette formule».

L’essence perd du terrain mais lentement
La question de l’âge du véhicule est encore plus grave lorsqu’on examine le cas des autocars dont 21 % ont plus de 16 ans, même si l’âge moyen de cette catégorie se situe autour de 9,7 ans.
Combien de voitures compte le pays ? La barre de 1 million de véhicules a été franchie en 1991. Aujourd’hui, le parc en compte à peu près 1,95 million véhicules toutes catégories confondues (tourisme, utilitaire, motos…). Soit une progression de 357 % en trente ans (426 402 véhicules en 1974). Dans cet ensemble, le véhicule de tourisme domine (73 %), suivi de loin par l’utilitaire (26 %). La moto, avec 1 %, vient en dernière position.

La répartition par région révèle quant à elle un grand déséquilibre. Casablanca, avec 691 431 véhicules, accapare plus du tiers du parc. Il n’est donc pas surprenant que la métropole enregistre le taux de pollution urbain le plus élevé du pays. Il est même, selon le ministère de l’Environnement, trois fois supérieur à celui de Paris qui concentre trois fois plus de véhicules ! Autre comparaison avec l’Hexagone, la France, avec 30 millions de véhicules, soit 15 fois le parc du Maroc, souligne M. Saih, enregistre «à peine» 6 000 morts sur la route, contre 3 000 au Maroc !

La région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaer vient en deuxième position avec 16,03 % des véhicules en circulation, juste devant l’Oriental (7,69 %) et Tanger-Tétouan (7,47 %). De leur côté, Guelmim-Smara et Oued Eddahab-Lagouira ferment la marche avec respectivement 0,25 % et 0,04% du total.

Autre surprise, l’essence n’a pas perdu la cote même si, depuis 2000, la tendance s’est inversée au profit du diesel. Ainsi, 51 % des Marocains préfèrent rouler en voiture diesel contre 49 % qui optent toujours pour l’essence. Quant à la puissance fiscale, 53,64 % des véhicules ont entre 5 et 7 CV fiscaux, contre 37,64 % pour les voitures dont la puissance se situe entre 8 et 10 CV.