Un milliard de DH pour le projet de dessalement d’eau de mer à  Agadir

Le marché est attribué à  l’espagnol Abengoa Water et à  InfraMaroc, un fonds d’investissement de la CDG. D’une capacité journalière de 100 000 m3, l’ouvrage doit être livré 30 mois après la signature du contrat.

Très attendues depuis la remise des offres fin 2012, l’attribution et la signature du contrat BOT (Build Operate Transfer) du premier projet de partenariat public-privé (PPP) dans le domaine du dessalement d’eau de mer ont été officiellement concrétisées vendredi 30 mai au siège de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE).

Cet immense projet, qui permettra à la région d’Agadir d’assurer ses besoins en eau potable jusqu’en 2030, sera ainsi développé par le consortium formé par l’espagnol Abengoa, spécialisé dans la construction et la production d’énergie et présent au Maroc depuis près de 40 ans, et le fonds InfraMaroc, filiale créée en 2011 de CDG Capital et dédiée à l’investissement dans les grands projets d’infrastructures. Au sein de la Société d’eau dessalée d’Agadir (SEDA) mise en place pour le projet, Abengoa Water détient 51% du capital et InfraMaroc les 49% restants, mais les responsables n’ont pas souhaité révéler le montant du capital.

L’on sait néanmoins que le projet nécessitera un investissement de plus d’un milliard de DH, assuré à hauteur de 25% par des fonds propres de la SEDA et à 75% par un prêt contracté auprès de BMCE Bank.

Le consortium dispose d’un droit d’exploitation pendant 20 ans

Matérialisée par des allers-retours répétés entre les différents acteurs, la complexité de ce premier PPP au Maroc dans le dessalement d’eau de mer a rendu la tâche difficile à l’ensemble des parties prenantes. Rappelons que l’appel à manifestation d’intérêt date de 2007. La livraison de l’ouvrage doit se faire dans les 30 mois suivant la signature du contrat, sous peine de pénalités pour l’adjudicataire.

Début 2017 donc, Agadir disposera d’une usine de dessalement utilisant la technologie de l’osmose inverse d’une capacité journalière de 100000m3/jour, soit la plus importante du pays. Elle sera exploitée pendant les 20 premières années par le consortium retenu, et fera ensuite l’objet d’un appel d’offres de gestion déléguée qui reconduira le groupement en place ou fera appel à un autre opérateur, comme le veut tout contrat de BOT dans la gestion déléguée. Une extension pour atteindre une capacité de 200 000m3/jour est également prévue. «Le coût de production de la future usine de dessalement sera à peu près le même que le coût actuel», indique Ali Fassi-Fihri, DG de l’ONEE.