Un fonds de 300 MDH pour dynamiser l’investissement dans l’Oriental

Les principales banques y ont souscrit, la moitié du montant déjà mobilisée
Le fonds participera à hauteur de 30% dans des sociétés existantes ou à créer
Délai de retrait du capital : six à dix ans.

Plusieurs mois après l’annonce initiale de sa création, le Fonds d’investissement de la région de l’Oriental a été officiellement lancé le 11 juin à Oujda. Il doit être alimenté à hauteur de 300 MDH dont la moitié est déjà mobilisée. Le tour de table est constitué du Fonds Hassan II (17%), de la région de l’Oriental (20%) et de l’Agence de l’Oriental (20%). Le reste se partage à parts égales (7,17%) entre la BPR (Banque populaire régionale) Oujda, le groupe Holmarcom, Attijariwafa bank, BMCE Bank, la CDG (Caisse de dépôt et de gestion) et le Crédit agricole.

Deuxième initiative du genre au Maroc, après le fonds de la région du Souss-Massa-Drâa (voir p. 10 de notre spécial Agadir et région), ce fonds est un instrument dont la vocation est de dynamiser l’investissement dans cette partie du Maroc. Il peut prendre jusqu’à 30% du capital des sociétés anonymes existantes ou en création opérant dans la région dans tous les domaines, «tout investissement productif et créateur d’emplois», selon les décideurs publics et privés qui ont assisté au lancement, sauf l’agriculture, le commerce de détail, la promotion immobilière (hors projets touristiques) et les services financiers.

Les projets recevables auprès du fonds ne se limitent pas à la seule préfecture d’Oujda et concernent toute la région et ses cinq provinces (Nador, Jerada, Berkane, Figuig et Taourirt), dont la superficie est de près de 83 000 km2 et la population compte près de 2 millions d’habitants.

Firogest, une société de gestion dédiée, a été créée
Le fonds de l’Oriental fonctionne selon des règles identiques à celles des véhicules d’investissement similaires. Outre le plafonnement du niveau de participation, la présence dans le capital est limitée dans le temps. Il est ainsi prévu qu’on se retire au bout d’une période qui se situe entre la sixième et la dixième année, soit en cédant ses parts à l’actionnaire de référence, soit en les vendant en Bourse, par exemple. L’objectif, bien entendu, est de réaliser des plus-values qui seront en principe réinvesties pour une bonne part. Le fonds n’exige nullement d’être aux commandes des projets, mais il est disposé à mettre à la disposition des partenaires potentiels le savoir-faire et les compétences de ses différents actionnaires, financiers et industriels aguerris.

Pour les besoins de sa gestion, il a été créé une société anonyme à conseil d’administration au capital de 2 MDH, partagé à parts égales entre les différents souscripteurs, à l’exception de la région de l’Oriental.

La présidence du conseil d’administration de cette société, dénommée Firogest, est assurée pendant deux ans par chacun des partenaires. Pour le démarrage, elle est confiée au groupe Banque populaire. Une équipe constituée d’un directeur général et deux chargés d’affaires est déjà en place.