Un contrat programme pour éviter l’augmentation du prix du pain

C’est la contrepartie offerte par l’Etat aux opérateurs qui réclamaient une hausse du prix de la baguette de 20 centimes. En plus de la possibilité de bénéficier des programmes Rawaj et Moussanada, les boulangers auront un tarif préférentiel et sans tranche pour l’électricité.

L es boulangers se plaignent de l’augmentation des intrants (sel, énergie, main-d’œuvre…) et réclamaient une augmentation de 0,20 DH du prix de la baguette. Le gouvernement ne veut pas en entendre parler et le maintient à 1,20 DH. En contrepartie, il propose aux boulangers un contrat-programme dont les grandes lignes sont déjà arrêtées.
L’Etat verse une subvention pour les 10 millions de quintaux de blé tendre, produit localement ou importé, destinés à ce type de pain, pour maintenir le prix seuil de la farine à 350 DH le quintal. Cette subvention est versée soit aux minotiers soit aux revendeurs ou aux organismes stockeurs (silos). Bref, à la sortie, le prix de la farine était garanti, mais les frais de transport et des sacs sont à la charge des boulangers et pâtissiers. Les termes du contrat-programme sont différents car, en plus du prix seuil garanti par le gouvernement, il est prévu un tarif préférentiel et unique pour l’électricité. Il s’agit d’une offre appelée force motrice qui ne comporte pas d’augmentation en fonction des tranches de consommation. De plus, les boulangers et pâtissiers vont être éligibles aux programmes d’encouragement gouvernementaux, Rawaj et Moussanada, pour assurer leur développement.

La profession invitée à se conformer au droit social

Le contrat-programme comprend aussi une partie contraignante pour les professionnels, car il introduit un cahier des charges qui stipule des exigences sur la qualité, la sécurité, l’emplacement des locaux et leur mise à niveau, mais aussi l’engagement de déclarer le personnel à la CNSS et de souscrire pour son compte à une couverture médicale. Des mesures qui peuvent, en partie, représenter des garanties directes ou indirectes pour le consommateur, mais également des moyens d’assurer le développement du secteur. L’Etat s’engage par la même occasion à subventionner une école de panification et de pâtisserie, tout comme il veut initier une politique pour contrer l’informel, notamment par des mesures d’encouragement, en concertation avec les professionnels pour qui cela représente de la concurrence déloyale. On peut dire, finalement, qu’une fois le contrat-programme entériné, le prix de la baguette restera à son niveau pour encore longtemps. Mais, encore une fois, cela ne résout nullement le problème une fois pour toute. Car à chaque augmentation du prix des matières premières, il faudra revenir à la table des négociations.